CONFLANS

création : 24/11/2015

dernière mise à jour : 29/11/2016

            

                              C O N F L A N S                             Img060

 

    Dampierre a été très lié à Conflans dont l'histoire est aussi un peu la nôtre.

 

    Le nom vient de l'ancien français conflant , d'origine latine confluentes ( Confluent)

1148,1157,1243,1162, 1275 : CONFLENS

1162 : CONFLENZ

1275 ,1296,1308 : CONFLANS

1704 ,et jusqu'à la Révolutio : CONFLANS EN BASSIGNY

Conflans est situé aux marges mal définies du Comté de Bourgogne (actuelle Franche Comté), du Barrois et de la Lorraine et des dépendances de l'Abbaye de Luxeuil.

Il s'agit d'un lieu habité très ancien, on y aurait signalé une nécropole mérovingienne.

 

CONFLANS DANS LA TERRE DE LUXEUIL

 

    Conflans a fait partie de la terre primitive de Luxeuil. L'église de Briaucourt était membre et filiale de Conflans.

    Les moines de Luxeuil constituèrent les paroisses de cette contrée et dès le VIII° siècle, les disciples de St Colomban établirent des colonies agricoles sur les rives de la Sémouse et de la Lanterne.

    Un diplôme dit de Louis le Débonnaire (successeur de Charlemagne) en 815 fait connaître que les églises de Jasney et Briaucourt sont liées à celle de Conflans.

    Une bulle du Pape Calixte III datée de 1120 fait mention de St Maurice de Conflans et indique que cette paroisse fait partie des possessions de Luxeuil.

Quatre autres papes, Célestin II en 1143, Luce ou Lucius II en 1144, Eugène III en 1151, Alexandre III en 1178 et Honorius III en 1222 confirmèrent cette relation.

En 1238, l'Abbaye achète les dîmes de Conflans et le patronage de la cure.

    Les abbés de Luxeuil obligés de se défendre ont cherché des protecteurs et gardiens laïques plus puissants qu'eux.Ils s'adressent d'abord aux Comtes de Bourgogne puis aux Comtes de Champagne et enfin aux Comtes de Bar. En 1215 Henri de Fouvent gendre et vassal de Othon II Comte de Bourgogne fortifie « sa maison de Conflans ». La ville fut entourée d'un large fossé et d'une haute enceinte de pierres de taille. On y accédait par 2 portes : la porte St Nicolas en direction de la Lorraine (St Loup) et la porte du moulin en direction de la Comté ( Vesoul)

                                                                                                                                   

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La porte St Nicolas,( XIII° s) ancienne porte à pont levis                   la tour date de l'ancien château fort

 

En 1240, par un traité d'association, les moines établissent les Comtes de Bar, puissants et respectés, comme gardiens de la terre de Luxeuil et leur accordent de laisser une garnison à Conflans qui devient de ce fait une terre isolée placée à 10 lieues dans les terres étrangères et obligée de se défendre sans cesse contre les ennemis qui l'entouraient.

En 1241, la cité est encore en possession mouvante de l'Abbaye de Luxeuil tenue par Richard de Scey, sire de Montbéliard, membre de la puissante famille des Montfaucon qui en fait l'hommage à l'Abbaye.

En 1248, lors du traité de partage entre le Comte de Champagne et l'Abbaye de Luxeuil, cette dernière ne possède plus que le patronage de l'église à Conflans.

 

 

CONFLANS , TERRE ETRANGERE

 

    Comment Conflans est-il devenu un village lorrain pendant près de 5 siècles entouré de voisins comtois?

En voici la raison historique.

    En 1295, Othon IV, Comte palatin de Bourgogne est l'époux en seconde noce de Mahaut d'Artois ( ceux qui ont apprécié les romans et la série télévisée «les Rois Maudits» de Maurice Druhon se souviennent de cette terrible Mahaut d'Artois) . Othon, couvert de dettes, excommunié par l'Archevêque de Besançon, en butte aux rivalités des grands seigneurs de Comté, cède, par le traité de Vincennes, son Comté de Bourgogne au Roi de France Philippe IV le Bel en contrepartie du paiement de ses dettes et d'une pension. Il donne sa fille Jeanne de Bourgogne en mariage au fils du Roi, le futur Philippe V le Long. Cette Jeanne est impliquée dans le scandale de «la Tour de Nesles» où les trois belles filles de Philippe le Bel se livraient à la débauche. Son mari lui pardonnera sans doute pour ne pas perdre le Comté de Bourgogne.

Othon IV décédé à Melun en 1303 avait demandé à reposer dans l'église abbatiale de Cherlieu (vers Jussey) aux côtés des ses parents Hugues de Chalon et Alix e Bourgogne.

    En 1309, sa veuve la Comtesse Mahaut d'Artois (4) réalisa son vœu par une cérémonie grandiose. Participèrent à ces obsèques «3 évêques, 20 abbés, 3000 gentilhommes et nobles dames, des moines, des nonnes, 15 000 hommes et femmes du peuple faisaient une escorte royale à ce prince ...». «ce convoi éclairé par 800 cierges...» se termina par un festin monstre au cours duquel on consomma «40 bœufs gras, 100 moutons,1005 poulailles, 21 muids (2) de vin d'Arbois, 6 queues (2) d'autres vins...»

    La cession honteuse dont on a parlé plus haut souleva l'indignation et la colère des barons comtois qui ne voulaient pas de la domination d'un roi de France tel que Philippe le Bel. Une confédération formée par les plus puissants barons tels que Renaud Comte de Montbéliard, Jean de Bourgogne ( frère d'Othon) , Jean de Chalon Comte d'Auxerre, Simon de Montbéliard, Aymon Sire de Faucogney,Vicomte de Vesoul, Thiébaut Sire de Neufchâtel etc... 11 sceaux scellèrent l'acte d'association.

Henri III, Comte de Bar leur apporta son soutien. Ils reçurent en 1297, l'appui financier d'Edouard 1°, Roi d'Angleterre. Les souverains anglais saisissaient toutes les occasions pour nuire à la puissance des rois de France.

 

    Dans l'organisation féodale primitive le Comte de Bar relevait du Saint Empire Romain Germanique. L'Empereur était donc son suzerain. Le Comte Henri III avait épousé Eléonore, fille du Roi d'Angleterre Edouard 1° qui était en guerre contre Philippe le Bel. Il prit parti pour son beau-père, il envahit la Champagne, brûla l'Abbaye de Beaulieu en Argonne. Le Roi de France envoya contre lui une armée commandée par Gauthier de Crécy seigneur de Chatillon. Henri III fut battu et fait prisonnier, il fut tenu en dure captivité à Bruges pendant quatre années .

La guerre fait rage en Comté pendant 5 années avec son cortège de morts, de pillages, de destruction...

L'habile Philippe le Bel réussit à isoler les confédérés par un traité de paix avec Edouard 1°, Roi d'Angleterre et Albert 1°, Empereur et à briser l'unité des confédérés en négociant avec certains participants, en particulier avec Jean de Chalon-Arlay qui, moyennant des titres, des fiefs et de l'argent fait sa soumission au Roi de France. Il deviendra, en 1307, gouverneur du Comté de Bourgogne en récompense de son ralliement.

    Le 4 Juin 1301, par le Traité de Bruges qui mettait fin à la révolte comtoise, Henri III, Comte de Bar, accusé de forfaiture et prisonnier du Comte de Flandres depuis 1297, abandonne à Philippe le Bel, comme condition de sa remise en liberté:«tout ce qu'il possède en franc-alleu (1) en quelques lieux que ce soit par deça la Meuse vers le Royaume de France». (C'est à dire sur la rive gauche de la Meuse)

     Par ce traité, la châtellenie de Conflans ( Conflans, Dampierre, Hautevelle, Girefontaine) devient pour des siècles, propriété des Rois de France enclavée en Franche Comté. En 1789, Conflans a toujours le Roi comme seigneur...

Le 8 Septembre 1304, Philippe le Bel qui, entre temps avait pardonné à Edouard 1° de Bar fils et successeur d'Henri III «donna en fief à Edouard de Bar tout ce qu'il lui avait cédé par le Traité de Bruges, à charge de l'hommage » Ce dernier s'engage à réparer les dommages causés par la guerre. «encor est accordei que les chalstialz et les castelleries de Conflans et tous les mandemans, fief, arrière fief, domainnes, justices demorent perpétuelment en héritaige a nostre signor le Roy et à ses hoirs (4) et a succesors... »

Ce traité ne stipule à la charge du Comte de Bar que « l'hommage lige»(1) à l'égard du souverain français. Cet hommage l'obligeait à 3 services :

    - le service militaire quuand il est requis

    - l'assistance au suzerain dans sa cour de justice

    - la reconnaissance de la cour de justice du suzerain

 

    Un document joint au Traité de Bruges nous fait connaître la liste des vassaux qui doivent la garde à Conflans :

Jean de Gesuces ( non identifié), Philippe, fils de Jean de Conflans, Jean de Senoncourt, Jean et Etienne d'Oiselay, Huguenin de St Loup, Hugues de Noyers, le Sire de Villers, Guillaume de Mirecourt.

La «mouvance» n'était pas une annexion... L'«homme lige» n'était pas un sujet...D'ailleurs Jean le Bon puis Charles VI , rois de France reconnaissent que le Comté de Bar est un pays étranger.

Ce fief dont fait partie de Châtellenie de Conflans et Blondefontaine se nommera le Barrois Mouvant » ou « Bassigny Mouvant »

Conflans et ses territoires formeront un Bailliage et une Prévôté royale qui seront rattachés au Bailliage de La Marche (88) en 1751.

LE BARROIS MOUVANT

 

    Contrairement au « Barrois non mouvant », le « Barrois mouvant » ressortissait du Parlement de Paris.

Il releva longtemps du bailliage de Sens puis de Châlons en Champagne.

    Il ne fut déclaré ne plus relever du Parlement de Paris que par Louis XII en faveur de René II Duc de Lorraine et de Bar.

    François 1er confirma la même grâce au Duc Antoine en 1541.

    Le Barrois mouvant fut divisé en deux bailliages : le bailliage de Bar et le bailliage de Bassigny dit aussi de Bassigny barrois dont Conflans et les villages dépendants faisaient partie.

   Ce bailliage est partagé en 4 prévôtés : Châtillon sur Saône, Gondrecourt, La Marche et Conflans en Bassigny.

   C'est par un édit royal de Louis XVI de septembre 1775 que la prévôté de Conflans est rattachée au bailliage de La Marche

( archives de Nancy)


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LES FRANCHISES

 

    En mai 1249, Thiébaud II Comte de Bar octroya une charte de franchises très étendues « à sa bonne ville de Conflans ..» et fait ainsi de ses habitants des sujets très dévoués.

Conflans est la première ville affranchie de la région. La charte de Conflans servit de modèle à d'autres chartes comme celle de Faucogney en 1275 ou Luxeuil en 1291 qui demandèrent à être affranchis « selon les us, coutumes et manières de la bonne ville de Conflans ...»

Cette charte fut confirmée en 1319 par Edouard 1° Comte de Bar, Robert 1° Duc de Bar en 1374 et Antoine le Bon Duc de Lorraine et de Bar en 1533. Elle fit la prospérité de la ville.

Les bourgeois de Conflans reçoivent  par cette charte :

  • le droit de se gouverner par eux-mêmes et de choisir leurs représentants ( un mayeur ou maire et trois échevins élus pour un an).

  • D'être commandés sur les champs de bataille par leurs chefs particuliers.

  • La suppression, entre autres, des restes de servage telles que le «mainmorte» et le «formariage»

«  fais sçavoir a tous que je ay mise a franchise ma bonne ville de conflans en telle manière que li maire et eschevins doibvent recoivres les nouveaux bourgeois et y doit y avoir un mayeur et trois eschevins. Li nouveaux bourgeois doit trois deniers, se doivent le payeur et eschevins et le doyen garder les droits de la ville et les droits du seigneur par leur serrement, et se ils faussoient ils doient l'amende... cil que li commun eslira à mayeur ou a eschevins, il le doit rester ung an et au chef de l'an la ville doit mettre autres felistres... se il refuse le maire doit 10 sols et les eschevins 6 sols.... et quand il est hors de la mairie et de l'eschevinage il reste bourgeois..

Li bourgeois doit au comte chacun par an trois mines d'avoine et quatre sols et ung chapon.... quand li bourgeois s'en veut aller, il s'en va franchement (*)et on le doit conduire, mais il doit s'en aller de jour et prendre congié du mayeur et eschevins et s'il s'en va nuyctangement ou sans congié prendre, soit nuict soit jour, il est a la merci le seigneur et li bourgeois put sa maison et son acquert vendre a bourgeois demeurant au lieu en la ville...

Coup sans sang doit 5 batz, s'il y a sang 20 batz, qui trait coutel 30 soz … meurtres et larcins et femmes efforcées sont à merci du seigneur

( extraits de la charte de franchise (1429) (*) ici, dans le sens d'homme libre

Les comtes et ducs de bar confient en tant que suzerains la garde de la Châtellenie de Conflans à des seigneurs locaux vassaux ou , en récompense, à des capitaines issus de leurs armées.

En, 1278, Jouffroy , Sire de St Loup, fils de Jean de Faucogney et d'Héloïse de Joinville fait un hommage pour son fief de Conflans

En 1355, une autre reprise de fief est faite à Robert 1° Duc de Bar par Jean II de St Loup pour la seigneurie de Conflans.

En 1374, Jean III de St Loup fait au, même Robert 1° un dénombrement de « ce qu'il tient a conflans... ainsi que sur les hommes, demeures et leurs tenants... »

En 1418, Louis 1° de Bar, cardinal, engage la Châtellenie de Conflans pour 6 000 livres tournois à Jean de Neufchâtel, Sire de Montaigu en réparation des dommages causés par son frère Edouard III de Bar.

En 1505, Arnoux ( Arnould) de Coublant , époux de Bonne de St Loup fait à René II Duc de Lorraine une reprise de fief pour son domaine de Conflans.

En 1574, François de Coublant en fait de même à Charles III le Grand, Duc de Lorraine.

En 1739, le Duc de Lorraine, ancien Roi de Pologne, Stanislas Leszczynski déclare être le seul seigneur de Conflans et son gendre Louis XV en fait de même, à la mort de Stanislas, en 1766, au moment de l'annexion définitive de la Lorraine au Royaume de France.

 

CONFLANS, BOURG CASTRAL

 

    Le bourg de Conflans s'est développé en 2 parties

Un premier noyau de peuplement s'organise autour de l'église paroissiale St Maurice.

Un second groupement se forme sur la pente de la colline après la construction du « Castrum » ( Château).

A la fin du XII° , début du XIII° siècle, les deux agglomérations sont réunies par une enceinte octogonale qui prendra sa forme définitive au milieu du XIV° siècle après le creusement du «Grand fossé»destiné à renforcer les défenses du côté sud.

Le «Castrum» désigne le château et aussi l'agglomération qui s'est mise sous sa protection. Ce terme est en opposition à «Ville» qui est le village primitif. On distingue d'ailleurs pour Conflans dans des textes «le chastel et la ville de Conflans ».

Pour Conflans, les deux agglomérations étant très proches ont été rapidement réunies. Dans d'autres cas, elles formeront deux lieux séparés, par exemple : Fontenois la Ville et Fontenois le Château, Granges le Bourg, et Granges la Ville, Fouvent le Haut, Fouvent le bas, Gray et Gray la Ville etc... Le faubourg est constitué par les maisons construites en dehors des murailles.

Le château de Conflans comme la plupart était construit en rebord d'un éperon ce qui constituait une défense naturelle mais aussi une possibilité de surveillance.

Ses dimensions étaient modestes 60mx50m, le bourg mesurait 440mx220m soit une surface totale d'environ 1,2 ha.

Le bourg castral était une unité défensive c'est sa vocation mais aussi économique.

On y trouvait bien entendu le château et l'enceinte fortifiée avec ses portes , 2 pour Conflans : la Porte St Nicolas   et la porte du moulin  qui sont des lieux de passage et de contrôle.C'est à l'intérieur de cette enceinte que se réfugiaient les populations des villages voisins faisant partie de la châtellenie mais aussi Briaucourt.

Mais aussi l'église qui occupait une position centrale, les équipements économiques : la place, les halles, l'administration seigneuriale : la Prévôté , la justice seigneuriale …

Le bourg abritait commerçants, artisans, lombards (changeurs), hommes de lois …

Au dénombrement de 1614, l'agglomération abritait 1 760 personnes ( ce qui en faisait une ville importante pour l'époque), mais certainement beaucoup moins au moyen âge et beaucoup moins après les malheurs du XVII° siècle.

Sur le plan du bourg castral en photo on repère en 1: l'église, en 2: le château, en 3: les fossés, en 4: les halles, en 5: la porte du moulin, en 6: le moulin, en 7 : la porte St Nicolas, en 8 : la tour.

 

CONFLANS ET LES COMTES puis DUCS DE BAR

 

    Le Comté de Bar fut fondé vers 950 par Frédéric 1° de la Maison d'Ardenne

En 1038, par le mariage de Sophie de Bar, héritière du Comté avec Louis 1° Comte de Montbéliard, cette famille, pendant quatre siècles, fut à la tête du Comté de Bar de 1038 à 1354, puis du Duché de Bar de 1354 à 1430.    

En 1148, Richard de Montfaucon ( Comte de Motbéliard) concède à l'Abbaye de Cherlieu, ses pêcheries de Conflans en se réservant toutefois son approvisionnement en poissons lorsqu'il serait en son château de Jussey.

En 1162, Girard de Fouvent, mari de Clémence de Montfaucon, confirme cette donation

En 1198, le Comte de Montbéliard nomme un châtelain à Conflans.

Le Duché de Bar fut réuni au Duché de Lorraine et passa à la maison d'Anjou( 1430-1480) suite mariage de René 1° d'Anjou, Duc de Bar, Roi de Naples, Comte de Provence avec Isabelle Duchesse de Lorraine, puis par succession à la Maison Lorraine -Vaudémont ( 1480-1737). De cette lignée sont issus les Ducs de Guise qui se rendirent tristement célèbres lors des «guerres de religion» et aussi la dynastie des derniers empereurs d'Autriche de la lignée des «Habsbourg-Lorraine».

Enfin, de 1737 à 1766 ( date du rattachement au Royaume de France) le Duché de Bar et de Lorraine sont gouvernés par Stanislas Leszczynszki , ex Roi de Pologne et beau père du Roi de France Louis XV.

 

CONFLANS EN BASSIGNY

    Depuis le traité de Bruges en 1301 entre Henri III Comte de Bar et Philippe IV le Bel, Conflans et sa châtellenie (Conflans, Dampierre, Hautevelle et Girefontaine) deviennent propriété du Roi de France enclavée en Franche Comté jusqu'à la révolution de 1789 et donné en fief à Edouard 1°de Bar en 1304 ( revoir le détail de l'explication sur le chapitre Dampierre ) .

La châtellenie de Conflans était enclavée dans un pays ennemi, les habitants, d'une fidélité à toute épreuve envers leurs seigneurs barrois étaient sur la défensive mais ils font aussi des incursions sur les territoires voisins.

En 1347, ils vont à Clairefontaine enlever la mère du duc Bourgogne. Plus tard, ils vont faire une razzia à Vesoul et en rapportent des objets de valeur.

Pour se venger, les comtois, en 1348, projettent de surprendre la ville et la terre. Prévenus secrètement par des espions, les bourgeois préviennent aussitôt leurs amis de Mersuay, La Villedieu, Dampierre et autres qui viennent en hâte se réfugier avec ce qu'ils ont de plus précieux derrière les murailles.

Un capitaine comtois fait le rapport suivant «On ne peut tirer aucun fruit de ces expéditions attendu que tout le voisinage se retrait à Conflans, ville de bonne assiette et grande force...»

Quelques années plus tard, Conflans offre le refuge aux habitants de Meurcourt, ravagé par les anglais et les « Grandes Compagnies ». Velorcey, Meurcourt, Equevilley sont réduits en cendres, l'hôpital de La Villedieu est détruit.

Au cours d'autres conflits, les habitants voisins viennent se réfugier à Conflans pour échapper à Hugues de Montjustin en 1293,Hugues et Othon de St Loup en 1307 et 1314, Jacques de Baudoncourt en 1343, Hugues de Mandre en 1423, Thiébaut de Neufchâtel en 1453.

    En 1516, un aventurier, le Bâtard de Chemilly s'empara de Conflans. Sur la saisine d'Antoine le Bon, Duc de Lorraine, il est condamné par le Parlement de Dole à réparer les dommages causés aux bourgeois.

Briaucourt qui fait partie de la terre de Luxeuil mais est une annexe de la paroisse de Conflans est entouré de murailles en 1340 pour soulager Conflans dont l'enceinte ne suffisait pas à accueillir « tous les retraihants ».

La crainte des ennemis et de leurs surprises étaient telles que pendant le XV° siècle, les lettres de franchises sont enfouies dans la terre afin d'échapper aux envahisseurs. Elles y restèrent longtemps écrit Antoine le Bon Duc de Lorraine dans la confirmation de charte de 1533 « qu'elles y furent gâtées et pourries complètement ...».

Conflans fut brûlé en mars 156 9 par les allemands de Wolfgang, Duc des Deux Ponts qui amenait une armée de renforts ( 8 000 cavaliers et 6 000 fantassins ) aux protestants français. Conflans avait peut être livré par trahison...

En 1634 « Conflans fut entièrement pillé et brûlé même l'église et la maison de cure par les lorrains du Comte de Gallas  «sans qu'il n'en resta une seule maison entière... »

    En 1636, par les français et leurs alliés allemands et suédois de Bernard de Saxe -Weimar. Conflans était pourtant propriété du Roi de France mais tenu en fief par Charles IV Duc de Lorraine. ( Les mercenaires étrangers se payaient sur l'habitant... sans tenir compte s'ils parcouraient un territoire ami ou ennemi)

Malgré une défense courageuse, les murailles sont forcées, la ville incendiée, les femmes et les enfants massacrés.

La destruction est complète. Quatre ans après, une enquête du parlement de Dole nous apprend que de toute la communauté de Conflans, il ne reste que quelques familles réfugiées au château de Baudoncourt.

Voici un témoignage de l'Abbé Barthélemy Lombard , curé de Conflans et Briaucourt  en 1685: « En l'année seize cent trente quatre Conflans fut entièrement pillé et brûlé même l'Eglise paroissiale et la maison de cure par l'armée du Duc de Lorraine sans qu'il en restât une seule maison entière, que depuis ladite année quelques habitants et étrangers s'y étant logés dans des huttes et dans des maisons batis au nombre de cinq ou six seulement et labouraient indifféremment leurs héritages ou ceux d'autrui dans l'enclos de la ville de Conflans ou le pus près des murailles.... que l'an 43 (1643) Conflans fut derechef entièrement pillé et brûlé par un détachement de l'armée de Monseigneur le Maréchal de Turenne absolument abandonné et désert sans qu'il y ait demeuré personne jusqu'à l'an 60 (1660) qu'on commença a restaurer peu a peu... que depuis les premiers incendies jusqu'à l'année 64 (1664) il n'y eu point de de curé institué....On ne dit point la messe dans l'église paroissiale à cause de la ruine de ladite église il n'y a que trois ou quatre ans ( donc vers 1680) que l'on célèbre au maître autel »

La ville se remet lentement. Elle mit trente ans à se relever.

En 1651, lors d'une visite pastorale, l'Archevêque Claude d'Achey, constate qu'il voit partout des ruines, que l'église n'est pas encore reconstruite et que la statue de Ste Barbe est encore au milieu du château.

Les habitants de Conflans vouaient un culte particulier à Ste Barbe et ceux qui étaient revenus dans le bourg avaient créé une confrérie en son honneur en 1644.

    A la suite d'une requête faite par Barthélemy Lombard, curé, les religieuses de Notre Dame, ordre fondé par St Pierre Fourrier, s'établirent en 1721 pour pourvoir à l'éducation des filles pauvres. La clôture du couvent fut autorisée par l'Archevêque de Besançon en 1732. et est agrandi en 1755. Le bâtiment est actuellement occupé par la mairie et l'école.

Au début du XVIII° siècle, la municipalité cède les ruines des remparts aux «Récollets» ( franciscains) pour y fonder un couvent. (actuellement maison Mme. Pierre de Maillard). Le couvent comptait 18 religieux en 1768.

 

 

                                                                                                                                                                    8 la tour

                              Plan de Conflans, bourg castral au Moyen Age

 

 

 

 

 

 

 

                                               

 

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