DAMPIERRE avant DAMPIERRE

Dampierre avant Dampierre

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création : 20/11/2015

dernière mise à jour : 04/03/2016

 

                            DAMPIERRE … AVANT DAMPIERRE

 

    Les premières mentions historiques ( c'est à dire issues de sources écrites ) ont été trouvées dans des donations datées du XII° siècle. Dampierre (1115), Varigney     ( 1132), Haircourt (1151)

    Mais en raison de la rareté des textes écrits conservés avant cette époque et de nombreuses destructions dont nous parlerons plus tard, on est pratiquement sûr que Dampierre, Varigney et Haircourt existaient déjà avant sous forme de village ou comme groupement de quelques habitations.

 

L'EPOQUE NEOLITHIQUE ( 8000 à 1500 avant J.C.)

 

    Le peuplement de Dampierre depuis l'époque néolithique est très possible. Des traces ( pierres taillées) ont été trouvées entre Dampierre et Jasney lors des recherches archéologiques préparatoires au passage du gazoduc. Des silex taillés ainsi que des racloirs ont été découverts au lieudit «Les Correts» ( derrière le karting).Une station néolithique a été découverte à Ainvelle. Une autre est soupçonnée au «Château des Vignes» entre Dampierre et Anchenoncourt. Des mégalithes ( dolmen à couloir) ont été signalés à Meurcourt...

    Ces lointains ancêtres nouvellement sédentaires nous ont légué l'agriculture, l'élevage, le tracé de la plupart de nos chemins, le captage des points d'eau, des coutumes liées à leurs croyances comme les feux de la St Jean ( solstice d'été), Noël, la fête de la lumière, Ste Luce ( solstice d'hiver). Ces fêtes païennes ont été récupérées par l'Eglise lors de la christianisation, les pierres levées, et certains mots comme les noms de rivières: « Ru,Rupt,Drugeon,Durgeon, Rhône, Rhin, Rahin etc... ( Pensez au lieu dit de Dampierre «Sur le Rhin» ( peut aussi s'écrire «le Rain»).

 

L'EPOQUE CELTE OU GAULOISE ( 1 500 avant JC à 52 avant JC)

 

    A partir de 1500 avt JC, les celtes appelés aussi gaulois originaires d'Europe centrale sont arrivés par le Danube, le Rhin. Ils maîtrisaient la technique du bronze et du fer et l'utilisation du cheval comme monture, ce qui leur donnait la suprématie militaire.

Ce sont des agriculteurs et des artisans habiles ( invention du tonneau) ainsi que des guerriers courageux.

    Au 4° siècle avt JC, un peuple celte, parmi les 500 tribus représentant 72 nations, les Séquanes, s'installa dans une région plus vaste que la Franche Comté actuelle, alors aux trois quarts couvertes de forêts. Dans ses commentaires de la «Guerre des Gaules», Jules César écrit qu'il craignait plus les forêts profondes que les guerriers gaulois. La Séquanie s'étendait du nord aux environs de Colmar, au sud dans la plaine saônoise jusqu'à Chalon sur Saône et jusqu'aux environs de Genève.

Les Séquanes avaient comme voisins avec lesquels ils étaient fréquemment en conflit, les Rauraques dans la région de Bâle, les Helvètes en Suisse, les Allobroges en Savoie, les Eudéens en Bourgogne, les Lingons en Champagne, les Leuques dans les Vosges.

     Les Séquanes étaient d'excellents cavaliers et de de redoutables guerriers. Ils avaient la passion des chevaux, ils excellaient dans l'art de l'élevage et du dressage. Les romains redoutaient leur cavalerie lorsqu'ils étaient les ennemis et la prisaient quand ils étaient leurs alliés. Au temps de l'Empereur Auguste, la cavalerie séquane était la première.

 

L'EPOQUE ROMAINE

 

Nos ancêtres séquanes vont être en partie responsables de la conquête de la Gaule par Jules César.

Les Séquanes en guerre avec leurs voisins, les Eudéens, à propos de la possession des péages des gués de la Saône firent appel aux Suèves d'Arioviste, tribu germanique  originaire de la région de Mayence lequel répondit à leur demande. Arioviste et ses guerriers battirent les Eudéens (65 à 62 avt JC) mais refusèrent de retourner en Germanie et s'installaient dans le pays séquane et eudéen.   Les deux peuples gaulois se réconcilièrent provisoirement pour chasser les nouveaux occupants mais, hélas pour eux, cette coalition fut vaincue au cours d'une terrible bataille qui a eu lieu à Amagétobrie en 63 avt JC.(*)

    N'arrivant pas à se débarrasser de leurs occupants, Séquanes et Eudéens firent appel aux romains de Jules César déjà installés en Provence et le long des côtes méditerranéennes.

Jules César ne manqua pas une si belle occasion, il battit les germains, les rejeta sur le Rhin et établit une barrière militaire ( 59 avt JC), d'où les nombreux «Camp de César» ou «Camp romain» plus ou moins inventés dans la région. Ces batailles se sont peut être déroulées en Haute Saône ou près de Belfort en des lieux inconnus.

                         Cesar  Jules César

 

    A leur tour , les romains s'installèrent en Séquanie dépeuplée à la suite des massacres liés à ces guerres. Il ne restait plus à Jules   César, général ambitieux, qu'à terminer la conquête de la Gaule malgré l'ultime sursaut des tribus gauloises sous l'autorité du chef Arverne Vercingétorix ( tribu occupant l'Auvergne actuelle) malgré une victoire à Gergovie c'est la reddition célèbre d'Alésia en 52 avt JC. Vercingétorix sera emmené à Rome pour le défilé triomphal de Jules César , emprisonné puis mis à mort par strangulation.(*)

 

L'EPOQUE GALLO ROMAINE

 

    Après la conquête, la Gaule est organisée en 4 provinces: la Narbonaise au Sud-est, l'Aquitaine au sud-ouest, la Belgique au Nord et la Celtique ( dont faisait partie la Séquanie ) à l'est.

Labiénus, proconsul, commandant des armées romaines en l'absence de Jules César pendant toute la «Guerre des Gaules» s'installa à Luxeuil ( 51 avt JC).

    Une pierre contestée dite de Labiénus découverte en 1755 portant l'inscription latine traduite en «Les thermes de Luxeuil ont été restaurés par Labiénus sur ordre de Jules César» est exposée dans l'entrée de l'établissement thermal.

 

                                                                   pierre dite de LABIENUS

                                                                 

                                                                   LIXOVII THERM.

                                                              REPAR. LABIENUS

                                                                 IVSS. C.IV. CAES;

                                                                           IMP;

 

    Des romains s'installèrent dans les villes et dans les domaines ruraux qui leur étaient donnés en récompense de leurs services militaires ou civils par l'Empereur. On parlera de ce phénomène plus tard pour expliquer l'origine de nombreux noms de nos villages.

    Rapidement, les élites gauloises «collaborent» avec les romains. Ils parlaient le latin, portaient des costumes romains, latinisaient leurs noms, coupaient leurs cheveux et rasaient leurs célèbres moustaches, étaient friands de titres et récompenses, envoyaient leurs fils dans des écoles à Rome...

    Certains gaulois occupaient des fonctions importantes dans l'armée et l'administration. César invitait des gaulois à siéger au Sénat de Rome....

Ils «romanisent» leurs dieux: Theut (Teutates ) fut assimilé à Mercure, Tarann (Taranis) à Jupiter, Belen (Belenus) à Phoebus, Heu (Heusus) à Mars ….

    Pour le paysan, le changement de maître ne modifiait rien à sa vie quotidienne. Esclave de l'un ou de l'autre peu lui importait...Il continuait à parler le gaulois mélangé peu à peu avec du latin ce qui sera l'ébauche de la langue dite romane, ancêtre de nos patois, puis du français..

    Pendant près de 5 siècles , la «Pax Romana» ( la paix romaine) apporta à notre région une période de paix et de prospérité relative.

Des villes importantes comme Vesontio ( Besançon), Epomanduodurum ( Mandeure, Luxovium ( Luxeuil), Dittatium ( sans doute Corre) … se sont développées.

De nombreuses villas gallo-romaines sont construites comme à Jonvelle, La Pisseure, Melincourt...

 

(*) Le site pourrait être Broye lès Pesmes selon certains historiens dont Amédée Thierry mais contesté par d'autres

(*) J'ai eu l'occasion de visiter la geôle de Vercingétorix encore visible à Rome.

 

    La plupart des nombreux villages en EY, AY, ( transformation du suffixe gallo-romain ACUM=domaine) comme Varigney, Jasney,Bassigney,Bouligney, Corbenay... ont vu le jour à cette époque ( voir l'article sur la toponymie)

    A Dampierre, des tuiles romaines ont été découvertes à mi pente côté Jasney. Des traces de ce qui aurait pu être une habitation gallo-romaine ont été découvertes aux environs de l'étang du Remenaux.

    A la Pisseure, une   villa gallo-romaine était située au nord du village. On a découvert en 1844 de nombreux vestiges, bas reliefs, poteries, ossements, cendres, monnaies. Un énorme taureau en bronze d'une dimension très importante avait été déterré au XVIII° siècle par un laboureur mais malheureusement brisé en morceau par le découvreur pour vendre le bronze. Une oreille pesait 4 kg !....

    Agrippa, gouverneur des Gaules de 22 à 20 avt JC réorganisa les communications entre les différents stationnements militaires facilitant ainsi la main mise militaire et politique sur les tribus gauloises.

Dans ce but, des voies romaines origines de la plupart des nos routes sont tracées :

St Loup à Bains par les Granges d'Amalix et les Trémeurs , de Langres à Luxeuil par Melincourt et Corre. De Luxeuil partaient 7 voies principales en direction de St Loup, Fougerolles, Faucogney, Belfort, Mandeure, Conflans, Vesoul. D'où les nombreuse appellations «Voie Romaine» «Chemin des Romains» etc

Certaines voies étaient dites «ferrée» parce qu'empierrées et recouvertes de scories de fer afin d'en augmenter la solidité, exemple à Luxeuil: la «Vyferrée». Est-ce aussi l'origine de notre lieu-dit «Sur la ferrée» entre Dampierre et Jasney?

Lors de l'étude archéologique préalable au passage du gazoduc, une voie romaine secondaire a été décelée . Elle montait en direction de Dampierre. Elle pourrait être à l'origine du chemin du Remenaux. Une voie romaine menant de Luxeuil à Lamarche par Conflans, aujourd'hui invisible, traversait la forêt entre Dampierre et Anchenoncourt pour continuer par Jonvelle, Châtillon, Iche, Lamarche, Rocourt pour aller rejoindre l'importante voie romaine qui joignait Lyon à Trèves.

Ces voies romaines aux revêtements en pierre ont été utilisées sans modification jusqu'à la fin du Moyen Age.

    La «Pax Romana» a été entrecoupée par les invasions régulières de «barbares» germains. En 253, Alamans et Francs venus d'outre Danube dévastèrent la Séquanie ainsi que les provinces du nord et de l'est jusqu'à Lutèce ( Paris) et au sud jusqu'à Arles où ils sont exterminés par les légions romaines du général Posthumus.
En 259-260, nouvelle incursion des Francs au Nord, des Alamans chez nous.
En 275-276 déferla une troisième invasion des barbares, la plus terrible que la Séquanie ait connue. Ils anéantirent tout sur leur passage ne laissant que des ruines où ils détruisirent Mandeure, Luxeuil et ses thermes.

En 355, Francs, Alamans et Saxons dévastèrent 45 villes. A Besançon, « le sang ruisselait dans les rues...»

' Voir l'article :" Les trois invasions au III° siècle"  chapitre DIVERS

 

LE TEMPS DES INVASIONS

 

    La paix romaine même si elle fut toute relative est définitivement brisée au début du V° siècle par les invasions germaniques. Nous avons vu précédemment qu'à de nombreuses reprises, des tribus germaniques avaient tenté de traverser la Gaule ou de s'y installer avec quelquefois l'autorisation des romains qui en faisaient ainsi des alliés « les fédérés » pour empêcher d'autres invasions ou pour faire partie de leurs armées. Les romains avaient fortifié les régions frontalières ( le limes) et les légions romaines d'ailleurs souvent composées de troupes gauloises et même germaniques avaient jusque là repoussé les envahisseurs venus du nord et de l'est qu'ils appelaient «barbares».

    L'Empire romain est affaibli. En 395, il est divisé en: l'Empire d'Occident dont nous faisions partie avec sa capitale Rome et l'Empire d'Orient avec comme capitale Byzance.  ( Byzance s'est appelée ensuite Constantinople puis actuellement Istambul)

 

     A partir de 406, c'est l'invasion générale de l'Empire d'Occident. Les Vandales dont le nom est resté synonyme de destructeurs, les Suèves, les Alains, les Francs, les Visigoths, les Ostrogoths, les Burgondes et d'autres s'installent en Gaule, en Italie, en Espagne, en Afrique du Nord... Il ne s'agit plus d'incursions de pillards comme aux siècles précédents mais bien d'un immigration massive de peuples entiers: guerriers, femmes, enfants, animaux...

 

LES BURGONDES ET LES FRANCS

 

    Les Burgondes forts d'une armée de plusieurs dizaines de milliers de guerriers, venant de la Mer Baltique plus précisément de l'île suédoise de Bornholm ( anciennement Borgundarholm ), après une période passée en Pologne, se mirent d'abord au service des romains, ils devinrent ce que l'on appelait des «fédérés» chargés de la surveillance des frontières du Rhin. Après une occupation momentanée de la Savoie, ils s'installèrent définitivement dans notre région après en avoir chassé les Alamans et fondèrent des colonies . Certains noms de villages comme «Bourguignon» (Villa Bourgundonium) et le nom de la région de Bourgogne en ont conservé la mémoire.

    Gondioc et son frère Chilpéric ( ou Hilpéric) fondèrent, vers 450, le royaume des Burgondes (ou de Bourgogne) qui couvrait la Franche Comté, la Bourgogne, les plaines de la Saône et du Rhône jusqu'à Avignon et une partie de la Suisse actuelle (la Suisse romande)

    Cette occupation ancienne a laissé des traces linguistique puisqu'elle marque la limite entre les terres francophones de Franche Comté et de Suisse et les pays germanophones d'Alsace et de Suisse allemande restés sous la domination des Alamans.

Les auteurs anciens nous montrent les Burgondes comme des géants à la force herculéenne. Vêtus de peaux de bêtes,ils enduisaient leurs longs cheveux blonds de beurre rance. Gros mangeurs, ils aimaient la viande , l'ail et l'alcool. Avant les combats, ils poussaient des hurlements féroces afin d'effrayer leurs ennemis. Une fois la lutte engagée, ils se battaient avec courage et ne fuyaient jamais. Le chef ( le hendin) était déposé s'il perdait une bataille.

    En rares temps de paix, les Burgondes se montraient pacifiques et tolérants envers les populations sous leur domination. Ils étaient d'excellents menuisiers ou charpentiers.

Ils apportèrent à la région un peu de prospérité. Ils défrichaient et constituaient de vastes domaines . Les populations dispersées se regroupaient et formaient les premières paroisses . Les Burgondes comme la plupart des peuples germaniques étaient chrétiens ariens ( sauf les Francs qui étaient restés païens) mais ils étaient très tolérants et permettaient aux chrétiens catholiques d'exercer librement leur culte. Ils acceptaient même que les burgondes se convertissent au catholicisme. Par exemple le Roi Gondebaud était arien mais sa femme Carétène ainsi que sa nièce Clotilde étaient catholiques En Séquanie, à l'époque burgonde la religion chrétienne touchait les notables, le peuple restait païen dans sa grande majorité.

    Le royaume des Burgondes est allié au royaume des Francs de la dynastie mérovingienne (*) à la suite du mariage de Clovis, roi des Francs de 481 à 511 avec Clotilde, fille du roi des Burgondes Chilpéric II et nièce du Roi Gondebaud.

Grégoire de Tours dans son « Histoire des francs » raconte : Pour s'emparer du royaume burgonde, Gondebaud égorgea son frère Chilpéric alors Roi et noya la femme de ce dernier en lui attachant une pierre au cou. Il condamna à l'exil leurs deux filles. ( Tendre époque !...)

    Mais, quelques années plus tard, apparemment il leur pardonna. L'aînée devint religieuse et Clotilde est présente à la cour de Gondebaud . C'est là que des ambassadeurs francs la remarquèrent et la signalent à Clovis qui la demanda en mariage.

Childéric Roi des Francs, mort en 482 laisse le royaume à son jeune fils Clodowech plus connu sous le nom de Clovis ambitieux et hardi, il va se rendre maître d'une grande partie de la Gaule en réunissant les nombreux peuples francs et en étant vainqueur des Alamans au nord et à l'est, des Wisigoths au sud. Il s'allie les Burgondes par son mariage avec Clotilde en 492 ou 493. Clovis fut baptisé à Reims par l'évêque St Remi en compagnie de 3 000 guerriers francs, à Noël, à une date incertaine peut-être 499.

Clovis    Clovis

 

    Par son baptême, acte très politique, il met de son côté les catholiques (clergé et population) . L'épiscopat catholique demeurait la seule force stable qui restait après la chute de l'empire romain.

    En 534, le royaume des Burgondes est intégré au royaume des Francs par le fils de Clovis Childebert 1°. Son neveu Théodebert ( Thibert) eut la Séquanie en héritage.

 (*)  La dynastie des francs mérovingiens fut fondée par Childéric 1° fils de Mérovée (d'où le nom)  

 

LE HAUT MOYEN AGE

 

    Puis ce fut une longue période de plusieurs siècles d'invasions, de pillages, de massacres auxquels nos ancêtres ne purent totalement échapper.

    En 451, les Huns originaires d'Asie centrale conduits par Attila, à la recherche de terres riches, traversèrent notre région , pillèrent Luxeuil, ravagèrent Besançon et Mandeure, brûlèrent Grannum ( St Loup)

Les habitants de Grannum rescapés s'enfuirent et se mirent sous la protection de Loup, évêque de Troyes qui était un artisan de la défaite d'Attila aux «Champs Catalauniques» près de Châlons en Champagne en 451, d'où le nom de St Loup donné à la cité reconstruite.

    En 465, les Alamans venus des bords du Rhin cherchèrent à s'installer en pays burgonde. L'invasion est repoussée.

    En 534,Théodebert,(ou Thibert) petit- fils de Clovis, Roi des Francs, aidé par son oncle Childebert, s'appropria le Royaume burgonde après l'avoir ravagé.

    Lorsqu'en 590, Colomban arrive à Luxeuil pour s'y installer, il ne trouva pas une habitation en état et le moine Jonas, son biographe, notait : «C'était un repaire de bêtes féroces, ours, buffles et loups en grande quantité. Tout cela présentait un désert affreux que la fureur d'Attila avait rendu tel, alors qu'emporté par la vengeance, il avait fait passer les habitants au fil de l'épée...».

    De 725 à 732, les Sarrazins ou Maures venus d'Espagne qu'ils occupaient depuis 711 pillèrent la région ( St Loup en 730, Luxeuil en 732). Ils y installaient des camps d'où ils pouvaient partir perpétrer leurs raids, d'où les nombreuses «sarrazinières» comme à Anjeux. Avant d'être définitivement rejetés au delà des Pyrénées en 732 par Charles Martel (*) après la bataille de Poitiers.

    En 887-888, nos régions (Luxeuil en 888) sont pillées par les normands venus de Scandinavie par les fleuves sur leurs «drakkars».

    En 926 et 937 ce sont les hongrois. L'horreur cette dernière invasion restera gravée dans la mémoire populaire, ce sont les «ogres»de nos contes. Lure est détruit en 937.

    Il faut malheureusement ajouter à cette triste litanie toute une série de guerres internes entre les royaumes mérovingiens de la mort du fils de Clovis, Clotaire 1°, en 561 à l'avènement du premier roi carolingien Pépin le Bref en 751 (2). puis entre carolingiens , dès la mort de Louis Le Pieux (*) en 840 jusqu'à l'avènement de Hugues Capet en 987(*).

    Sans oublier les conflits permanents entre seigneurs voisins qui perdurent pendant une bonne partie du Moyen Age.

La règle d'héritage germanique voulait qu'un partage du royaume du roi défunt soit fait à part égales entre les héritiers mâles. Ce qui créait nombre de guerres entre membres de la même famille pour s'approprier les territoires du frère, de l'oncle, du neveu, du cousin... Avec en prime la cruauté de l'époque où le crime et la destruction étaient des façons de s'attribuer le pouvoir ..

 

(*) Charlesles Martel ( vers 690 /741 ) fondateur de la dynastie carolingienne, père de Pépin le Bref et grand-père de Charlemagne.

(*)  Pépin le Bref (715/768), premier roi des francs de la dynastie carolingienne en 751, père de Charlemagne.

(*)  Louis le Pieux ou le Débonnaire , fils de Charlemagne (778/840)

(*)  Hugues Capet fondateur de la dynastie capétienne qui directement ou avec les cousins Valois puis Bourbons

    régnera jusqu'au dernier roi Louis-Philippe 1° en 1848.

 

BRUNEHAUT et FREDEGONDE

 

    La vie de Brunehaut et Frédégonde, toutes deux reines (6°et début 7° siècle ) est un exemple de la cruauté de l'époque.

Brunehaut, fille d'un roi Wisigoth d'Espagne est l'épouse de Sigebert, Rois d'Austrasie. Chilpéric,roi de Neustrie épousa Galswinthe, sœur de Brunehaut mais prit Frédégonde comme concubine. Cette dernière fit bientôt étrangler Galswinthe. Brunehaut réclama vengeance et la guerre éclata entre les deux rois. Frédégonde fit assassiner le roi Sigebert (575), l'évêque qui avait célébré le mariage de Brunehaut ainsi que Clovis un de ses frères et pour finir son mari Chilpéric.

    Les deux reines, toutes deux tutrices de leur fils mineur s’affronteront en tuant neveux, cousins et oncles afin de mettre leurs fils respectifs sur le trône.

    Cette «douce» reine mourut paisiblement dans son lit en 597.

    Quant à Brunehaut, après de multiples crimes et guerres lorsqu'elle exerça la régence pour le compte de son fils Thierry en 613 elle fut capturée par Clotaire II, fils de Frédégonde et selon la «Chronique de Frédégaire»: «Après l'avoir tourmenté de divers supplices pendant trois jours, Clotaire la fit promener sur un chameau au vue de toute l'armée et commanda ensuite qu'on l'attachât par les cheveux, les pieds et un bras à la queue du cheval furieux qui, l'emportant au galop à travers la campagne, mit son corps en lambeaux...».Tout cela dans un contexte de guerres perpétuelles.

    Pendant toute cette longue période, le pays est entièrement ravagé, couvert de ruines.La population est cachée dans les forêts profondes de la région, dans les grottes, sur les hauteurs et vit régulièrement l'insécurité, les massacres ou les récits de massacre, la famine....

Charmante époque!!!

 

LE PARTAGE DE L'EMPIRE DE CHARLEMAGNE

 

    Charlemagne a été couronné empereur à Rome à Noël de l'an 800.par le Pape Léon III

CharlemagneCharlemagneSacre charl   Couronnement de Charlemagne  

 ( Bibliothèque nationale de France )

 

Il meurt en 814. Son fils Louis 1° dit le Pieux ou le Débonnaire lui succéda comme Empereur. A son décès en 840, il laissait 3 héritiers: Charles, Louis et l'aîné Lothaire.

En 843, les 3 petits fils de Charlemagne signèrent le traité de Verdun qui actait le partage de l'Empire carolingien en 3 royaumes.

    A Charles le Chauve, la Francie occidentale qui va de l'ouest de l'Escaut, de la Meuse, de la Saône et du Rhône. Ce royaume sera l'ébauche de la future France.

    A Louis dit le Germanique, la partie au nord et à l'est de ces rivières jusqu'à l'Elbe. Ce royaume donnera naissance au St Empire Romain Germanique puis à l'Empire d'Autriche et à l'Allemagne

    L'aîné Lothaire, outre le titre d'Empereur, reçut une bande centrale de territoires allant de la Hollande à l'Italie. Nos villages faisaient partie de ce pays appelé Lotharingie ( origine du nom Lorraine) ;

    Ce traité néfaste fut le ferment de tous les malheurs de nos prédécesseurs et même de nos parents...Il est à l'origine de la plupart des guerres dont ils ont eu à souffrir pendant plus d'un millénaire.

En effet cette Lotharingie va faire l'objet de la convoitise de ses deux voisins (La France d'un côté et le saint Empire et ce qui deviendra l'Allemagne de l'autre) qui vont s'efforcer au cours des siècles et arriver à la dépecer. Pensons par exemple à la tentative de conquête de la Franche Comté par Henri IV en 1595, la conquête de la Franche Comté par Louis XIV en 1673 et l'annexion de l'Alsace et la Lorraine en 1871 et en 1940 par l'Allemagne qui en est , on l'espère, le dernier épisode....

 

LE CHRISTIANISME

 

    La religion chrétienne venue d'Italie par la vallée du Rhône apparut en Gaule dans la 2° partie du II° siècle. Elle aurait été apportée en Séquanie par deux athéniens St Ferjeux et St Ferreol vers l'an 180. Ce dernier serait devenu le premier évêque de Franche Comté. Ces 2 religieux auraient été exécutés décapités en 212.

    Les chrétiens sont persécutés sur l'ordre des empereurs romains qui voyaient dans cette religion une atteinte à leur autorité. La religion chrétienne est autorisée dans l'Empire par l'Empereur Constantin par l'édit de Milan en 313.Elle se développe dans les villes mais progresse lentement dans les campagnes. Les élites gallo-romaines continuaient de pratiquer les cultes païens. Plus tard, les Burgondes longtemps disciples de l'arianisme(1) comme beaucoup de peuples germaniques se convertirent au catholicisme. Clotilde princesse catholique d'origine burgonde inspira la conversion au christianisme de son époux Clovis entre 495 et 500.

    Le catholicisme ne s'impose vraiment sur l'arianisme qu'après la conversion de Clovis et des Francs. Conversion qui lui apporte le soutien de la hiérarchie catholique qui était le seul élément stable de la société des V° et VI° siècles.

Le premier lieu de culte reconnu du diocèse est le baptistère de St Lin ( fin du III° siècle) à l'emplacement de l'actuelle église Ste Madeleine à Besançon.

En 450,fondation de l'Abbaye de St Claude

En 590, fondation de l'Abbaye de Luxeuil par St Colomban

En 610, fondation de l'Abbaye de Lure par St Desle, disciple de St Colomban.

Vers 720 , fondation de l'abbaye de femmes de Faverney

    Il faut faire ici une mention spéciale pour l'Abbaye de Luxeuil et St Colomban car sa création, son extension, son influence ont marqué  notre histoire locale surtout celle de nos villages voisins.

 

  1. L'arianisme : courant chrétien des débuts du christianisme inspiré par Arius (IV° siècle) d'Alexandrie. Les ariens ne reconnaissaient pas la Trinité. Pour eux seul Dieu est divin, le fils est humain possédant une part de divinité. Ce courant fut adopté principalement par les tribus germaniques ( Burgondes, Goths, Vandales, Suèves... )

ST COLOMBAN et l'ABBAYE DE LUXEUIL

 

    La vie de St Colomban dont nous avons fêté en 2015 le 1 400° anniversaire de sa mort, nous est connue grâce au récit «Vita Colombani» écrit par le moine Jonas de l'Abbaye de Bobbio (Italie), une vingtaine d'années après la mort de St Colomban.

Colomban ( Blanche colombe en irlandais, sans doute en l'honneur du St Esprit) naît vers 543 dans une famille noble du Leinster ( est de l'Irlande). Il reçut une éducation chrétienne de qualité. A 20 ans, il rentra au monastère de Bangor où il dirigea l'école monastique et fonda le cloître de Durrow.

    Selon la tradition des moines irlandais, il décida de s'exiler sur le continent vers 585 dans le but d'évangéliser les populations germaniques et de rechristianiser les campagnes. Il traversa la Mer d'Irlande avec 12 compagnons irlandais. Après un passage en Cornouailles anglaise, ils débarquèrent en Bretagne près de St Malo. Le village de St Coulomb porterait ce nom en souvenir de cette arrivée.

    Avec l'accord de Childebert II, Roi d'Austrasie, en 587, ils s'installaient au pied de la montagne St Martin près des ruines du fort romain d'Annegrates ( Annegray, Commune de La Voivre) , aux confins des royaumes d'Austrasie et de Bourgogne. Selon Jonas: «Il y avait alors un vaste désert nommé Vosge, dans lequel se trouvait un château depuis longtemps ruiné, que la tradition des anciens appelait Anagrates... c'est là qu'il s'établit avec les siens...»

    Les débuts furent très difficiles et les nouveaux arrivants étaient contraints de se nourrir, «d'écorces et d'herbes forestières».

Toujours selon Jonas, Colomban aurait effectué une retraite dans une grotte de la montagne près de l'actuelle Ste Marie en Chanois, grotte qui était occupée par un ours qui la lui céda . Colomban aurait fait jaillir la «source miraculeuse» à proximité.

Puis devant le nombre toujours grandissant de novices venus de toute l'Europe, avec l'accord du Roi Gontrand de Bourgogne, en 590, il s'établit à Luxeuil, à une quinzaine de kilomètres, dans les ruines de la station thermale antique, près du cimetière où se trouvaient un grand nombre de stèles et les restes d'un temple.

 

                 Img110 Statue de St Colomban à Luxeuil inaugurée en 1947

 

Luxeuil était alors à l'abandon comme le signale Jonas : « une place qui avait été autrefois très fortifiée et qui s'appelait Luxovium...Il y avait des bains d'eau chaude ...On y voyait encore beaucoup de statues de pierre que les païens avaient adorées... mais on n'y rencontre plus maintenant que des animaux sauvages et des bêtes féroces ours,bubules (?), loup en très grand nombre » Ces ruines abondantes permettaient l'édification d'un monastère important avec l'école, le réfectoire et l'église consacrée à St Pierre.

Quelques années plus tard, une annexe accueillera plusieurs dizaines de moines à Fontaine lès Luxeuil.

Les 3 monastères comptèrent bientôt 600 moines et novices.

 

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   Les moines au travail : agriculture et défrichage                                                              Le moine copiste

 

    La règle colombanienne était, à l'origine, très stricte, basée sur l'obéissance, le jeûne, les œuvres charitables, l'étude et le travail. Les fautes les plus bénignes sont confessées et souvent punies de châtiments corporels. La rigueur de cette règle et le rayonnement intellectuel de l'Abbaye de Luxeuil en firent la capitale monastique des Gaules et la plus célèbre école de la chrétienté. Un grand nombre d'évêques, d'abbés et 28 saints en sont issus.

    Une centaine de communautés en Europe revendiquent leur origine colombanienne dont l'abbaye de Lure, de Fontaine lès Luxeuil, les anciens prieurés de Jasney, de St Valbert pour notre région.

    Dès l'origine, le monastère de Luxeuil comprend un "scriptorium". On invente une nouvelle écriture "la minuscule mérovingienne"qui remplace l'écriture d'origine romaine en majuscules arrondies. Cette nouvelle forme d' écriture se répandra dans une grande partie de l'Europe au fur et à mesure de l'extension des monastères colombaniens.

 

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le moine copiste                                   Le Lectionnaire de Luxeuil ( 7° siècle)

                                                                 (manuscrit avec des textes d'évangiles et d'épîtres)

 

D'un caractère bien trempé, Colomban s'opposait au clergé local dont il ne voulait pas dépendre. Lors du concile de Chalon en 603 il s'opposa à l'église franque sur la date de Pâques qui était différente selon l'église romaine et les irlandais.Malgré la décision du concile en faveur de l'église romaine, Colomban s'opposa aux évêques mérovingiens et ne céda pas.

Il s'opposait aussi, à ses dépens, au souverain Thierry II de Bourgogne (ou Théodoric) et à sa terrible grand-mère Brunehaut évoquée précédemment.

    Thierry venait régulièrement à Luxeuil se repentir de sa vie dissolue , en particulier de ses nombreuses concubines. Le conflit éclata lors d'une visite de Colomban à Thierry dans une villa près de Chalon./Saône et qu'il refusa de bénir les 4 enfants nés de ses concubines. « ils ne recevront pas le sceptre royal car ils sont issus de mauvais lieux». Furieux, Brunehaut et Thierry persécutèrent Colomban et ses moines qui les menaçaient d'excommunication bien qu'il n'en détenaient pas le pouvoir canonique.

Ayant rallié contre l'Abbé de Luxeuil et ses disciples, l'épiscopat qui n'attendait que cela et l'aristocratie, les souverains les expulsèrent de Luxeuil en 610. Sous escorte, Colomban et certains disciples gagnèrent la Loire . A Tours, le bateau s'immobilisa miraculeusement et Colomban put ainsi faire un pèlerinage sur le tombeau de St Martin.

    Arrivés à Nantes, on les embarqua sous bonne garde de l'évêque et du Comte sur un navire à destination de l'Irlande. Par une tempête, le bateau était rejeté sur la côte bretonne. Colomban décida de revenir. C'était risqué, en 607, Brunehaut et Thierry avaient fait exécuter St Dizier qui, lui aussi, avait dénoncé les mœurs de la cour.

    Colomban se rendit à Metz ou le Roi d'Austrasie Theudebert II (Thibert) lui offrit de s'installer. Malheureusement pour lui Theudebert II est battu par son frère Thierry II à Tolbiac. Theudebert II est tué sur ordre de sa grand-mère Brunehaut. Colomban alla s'installer à Bregenz sur les rives du lac de Constance ( Suisse) sous la protection de Clotaire II, Roi de Neustrie, ennemi de Brunehaut.

    Puis il passa en Italie dans le milanais avec l'accord du Roi de Lombardie Agilulf, il fonda l'Abbaye de Bobbio où il mourut le 21 Novembre 615.

    Les abbayes de Luxeuil et de Lure sont dévastées, les moines de Luxeuil et l'Abbé Melin massacrés par les sarrazins en 732. L'abbaye resta déserte pendant une quinzaine d'années. La vie spirituelle et intellectuelle reprit sous la protection de Charlemagne et l'atelier d'écriture est, à cette époque, le plus célèbre d'Europe avec la création d'une écriture reconnue.

Après le partage de l'Empire carolingien en 843, deux siècles d'anarchie, de guerres, le passage des normands et des hongrois, ce fut de nouveau la ruine de l'Abbaye de Luxeuil

    Quand en 1031, Hugues de Salins devint archevêque de Besançon «le sanctuaire était en ruines et abandonné, les cloîtres presque déserts, les biens d'église entre les mains des grands qui les avaient usurpés, les mœurs publiques portées à un tel point de dépravation que le mal paraissait incurable avec un clergé sans discipline...»

Au cours de 36 ans d'épiscopat, Hugues réussit à remettre de l'ordre dans le clergé et à récupérer une grande partie des biens usurpés.

    A partir de cette époque, la puissance et la richesse de l'Abbaye de Luxeuil ne firent que s'accroître jusqu'à la Révolution de 1789 qui marqua sa fin.

 

SAINT BERTHAIRE

    Le christianisme naissant n'arrive pas à atténuer la cruauté des mœurs de ces époques troublées où la vie d'un homme ne comptait guère. L'épisode de St Berthaire qui s'est déroulé près de Dampierre en est un exemple parmi bien d'autres.

    En 764 ou 766, Berthaire et Athalein, deux religieux venant d'Aquitaine et se rendant à Rome, allaient de Menoux à Rosières. Rosières était un domaine entre Menoux et Anchenoncourt, à la limite de Dampierre dont l'emplacement n'est plus connu, peut-être «Les Dannes»?

    Ils s'arrêtèrent près d'une source où ils burent avec une coupe d'étain.Ils avaient été suivis par Agenulfe, serviteur de Servat, chevalier pillard de Menoux qui vivait en dévalisant les voyageurs aventurés sur son territoire.

Croyant que la coupe était en argent, Servat leur offrit l'hospitalité pour la nuit à Menoux dans le but de les dévaliser et les fit égorger. S'apercevant que ceux qu'il avait pris pour des riches marchands n'étaient que des pauvres clercs et ne trouvant sur eux ni or ni argent, les meurtriers séparèrent les têtes des troncs et allèrent les jeter dans la Lanterne en un lieu appelé Artanum ( non identifié)

    Le même jour un pêcheur de Bourguignon retira les têtes avec son filet et les ramena au village. Les habitants qui venaient de découvrir les corps rapportèrent les têtes sur le lieu.

    Gude, Abbesse de Faverney ( alors abbaye de femmes) ordonna de donner une sépulture aux deux martyrs dans son monastère. Elle les fit mettre en bière,mais lorsqu'on voulut les transporter, il aurait été impossible de les soulever. Comprenant que Berthaire et Athalein voulaient être inhumés sur place, Gude fit construire une chapelle.

Cette chapelle St Berthaire (sur la commune de St Rémy) sera longtemps un lieu de pèlerinage pour les infirmes de la région.

Au X° siècle, les corps des deux martyrs ont été transférés à Bleuville ( 88) dans un  monastère de religieuses bénédictines et ont fait l'objet d'un pèlerinage annuel.

dernière mise à jour : 23/11/2015

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