enrolements, réquisitions-1793

1793

création : 03/12/2015

dernière mise à jour : 24/01/2016

                     ENROLEMENTS et REQUISITIONS (1793)

 

 

L enrolement des volontaires de 1792 etude tribune

 

La Patrie en Danger 

 

En juillet 1792, les armées prussiennes et autrichiennes accentuent leur pression aux frontières de la France afin de soutenir le roi Louis XVI et revenir en arrière pour annuler les effets de la Révolution.

Devant le danger réel d'invasion espérée par le roi et la cour , les députés de l'Assemblée Législative votèrent le 11 juillet 1792 un décret déclarant « La Patrie en danger »

On a tous ce souvenir scolaire représenté par ce tableau montrant l'enthousiasme des nombreux volontaires venant s'enrôler massivement pour aller défendre la Patrie. Ce qui fut une réalité pour le pays et permit la première victoire contre les prussiens du duc de Brunswick à Valmy ( Marne) le 20 septembre 1792 par l'armée française composée d'un grand nombre d'engagés volontaires commandés par les généraux Kellermann et Dumouriez. Cette victoire inespérée amena la proclamation de la 1° République le même jour .

Il semblerait que l'enthousiasme n'avait pas atteint toutes les communes de la France profonde et en particulier à Dampierre . Pour preuve cette délibération du Conseil général (appellation de l'époque du Conseil municipal) de la commune de Dampierre les Conflans :

 

 

 

Extraits du registre de délibérations de Dampierre lès Conflans de 1793

 

3 Février 1793

  …

"...qu'une liste de tous les soldats volontaires de la première levée et de la seconde et même un état de de tous ceux qui ont pris les piques sera adressé au district de Luxeuil...

...qu'une lettre a lui adressée pour faire rejoindre le citoyen CARE à l'instant de quoi il nous a répondu qu'il ne voulait pas agir à cette adresse... »

 

15 mars 1793

« Ce jourd'hui quinzième jour de mars mil sept cent quatre vingt treize, l'an second de la république, nous municipalité de Dampierre réunis avec les autres citoyens assemblés en vertu du décret de la Convention Nationale du vingt et un février dernier relative à l'organisation de l'armée, il ne s'est présenté personne pour s'inscrire volontairement pour former les trois hommes qui nous ont été répartis par le district de Luxeuil. nous avons délibéré que l'on ferait le complément en tirant au sort avec des billets suivant la liste en présence du citoyen Queminet, administrateur du district de Luxeuil nommé commissaire à cet effet... Le sort a tombé sur Gabriel TROUX, fils de Sébastien Jean TROUX absent, sur Charles JACQUOT , fils d'Urbain JACQUOT et enfin sur Jean-Pierre CONSTANT, fils de Nicolas CONSTANT... les trois cidessus nommés ont été reconnus soldats nationaux et forme le nombre d'hommes de la ditte communauté Les citoyens Claude Joseph JACQUOT, Ignace CACHOT et Claude MAUTRAND les trois de Dampierre et le citoyen GALAIRE fils de Varigney qui ont des habits nationaux sont requis pour les céder aux dits soldats.... »

 

Toujours le 15 mars 1793

«  Jean Pierre CONSTANT qui a subi le sort de volontaire national du tirage dernier a représenté qu'il avait des inconformités de conformation principalement pour les jambes qui sont toutes tordues le mettant pour ainsi dire dans l'incapacité de marcher mais continuera toujours la bonne volonté de servir la République qu'il vient de donner la preuve en se faisant remplacer tout à ses frais par Claude Joseph BICHET citoyen dudit lieu que le Conseil général a jugé très capable à porter les armes pour la deffense de la patrie. Le père dudit Bichet étant présent a signé avec le Conseil général  son fils étant illettré...»

 

5 août 1793

«  le Conseil général de la commune de Dampierre ayant ouvert un registre pour s'enroler volontairement et personne ne s'étant enrolé requérons le Citoyen PATRET, directeur à Varigney, au nom de la Patrie en danger d'entrer dans la force armée destinée à combattre les révoltés de la ville de Lyon et de se rendre le six août prochain à Gray lieu de rassemblement du bataillon fourni par le département de Haute Saône... »

 

6 août 1793

« … remis au citoyen PATRET copie de la présente réquisition en sa demeure au Fourneau de Varigney... » (*)

 

26 vendémiaire An II (17 octobre 1793)

« … Le citoyen CALAY, commissaire de guerre de la sixième division de l'armée nous a requis au nom de la loi de la République Française de faire sans retard rejoindre tous les garçons à leurs bataillons respectifs... c'est à dire depuis dix huit jusqu'à vingt cinq ans de se trouver au plus tard samedi dix neuf courant au district de Luxeuil... à savoir Claude MAUTRAND, Jean Claude BAILLAND, Xavier FAIVRE, Joseph JAQUOTIN, Jean Pierre TRIVAUDEZ, Pierre RICHARD, Nicolas CACHOT, Claude Etienne BOUDINOT, Joseph THEVENOT, Louis THEVENOT , Jérome GALAIRE, Louis PATRET...»

 

 

                                                        

                                                                      LES   REQUISITIONS

15 vendémiaire An II (6 octobre 1793)

« Vu une lettre des administrateurs du district de luxeuil en date du 25 septembre 1793 qui nous enjoint de faire rencontrer audit Luxeuil trois voitures pour y charger du foin... nous avons requis les citoyens Claude DENIS demeurant à la ferme de Haircourt attelé de trois chevaux et Augustin ORRIONOT demeurant à Dampierre attelé de deux bœufs et le citoyen GALAIRE, maître de forge à Varigney, paroisse de Dampierre attelé de trois chevaux … 

 

20 vendémiaire An II (11 octobre 1793)

« … une réquisition du district de Luxeuil qui nous enjoint de fournir pour notre contingent... deux lits savoir deux matelas de crin avec deux traversins aussi de crin, deux couvertures de laine, deux paillasses avec chacune deux drapt, pourquoi nous avons requis les citoyens dudit lieu que nous savons les plus aisés savoir le citoyen RIBOULET père pour deux drapts, une paillasse, la veuve Claude François MAUTRAND pour un matelas de crin, Claude Joseph JACQUINOT pour une couverture de laine, Claude CACHOT le vieil, un traversin, Pierre CAREY pour un traversin, la veuve Jean François CACHOT pour une paillasse, Pierre RICHARD pour un drapt, Claude François BEUGNOT aussi pour un drapt... à tenir prêt pour dimanche treize octobre...»

« Il nous est enjoint de requérir quatre chariots de chevaux, les trois premiers pour charger dans les magasins de fourrage de Luxeuil la quantité de foin qui leur sera délivrée pour être conduite à Belfort, enfin le dernier pour charger le bled en cette dernière ville pour être conduit à Strasbourg... En conséquence, nous avons requit Claude DENIS attelé de trois chevaux, le citoyen GALAIRE attelé de trois chevaux, Pierre THEVENOT et Jean Nicolas THEVENOT, les deux ensemble pour en faire une, enfin Joseph MARIE, Joseph BAILLAND et François CAREY, ces trois derniers pour en former une autre... pour éviter toute équivoque entre les susdits voituriers, nous avons nommé ledit GALAIRE pou faire celui de Belfort à Strasbourg... »

 

21 vendémiaire An II (12 octobre 1793)

« Refus de Claude Joseph Marie, de François Carey et Joseph Bailland... les susdits réfractaires se sont soustraits... Ne pouvant souffrir une pareille opiniâtreté de contravention à la Loi, nous avons dressé procès verbal pour être présenté au district de Luxeuil... »

 

21 vendémiaire An II (12 octobre 1793)

« … Le citoyen CALAY, commissaire de guerre de la sixième division de l'armée nous a requis au nom de la loi de la république Française de faire sans retard rejoindre tous les garçons à leurs bataillons respectifs... c'est à dire depuis dix huit jusqu'à vingt cinq ans de se trouver au plus tard samedi dix neuf courant au district de Luxeuil... à savoir Claude MAUTRAND, Jean Claude BAILLAND, Xavier FAIVRE, Joseph JAQUOTIN, Jean Pierre TRIVAUDEZ, Pierre RICHARD, Nicolas CACHOT, Claude Etienne BOUDINOT, Joseph THEVENOT, Louis THEVENOT , Jérome GALAIRE, Louis PATRET...»

 

26 brumaire An II (16 novembre 1793)

« De par la Loi, ce 16 novembre 1793, l'an 2 de la République française une et indivisible... le Directoire du district de Luxeuil nous ordonne de faire conduire dans les magasins de Belfort ou à Strasbourg la quantité de quinze voitures tant en foin ou avoines, en, conséquence, nous avons requis Auguste ARRIONOT, Claude CACHOT le vieil, Barthélémy GUILLOT, Claude MARIE, Jean Claude GENTILHOMME, Jean JACQUOT, Pierre THEVENOT, Jean François BOUDINOT, Jean VERDET, la veuve Jean François CACHOT, la veuve Jean Baptiste VERDET, François Claude HUGUET, Toussaint COURTOISIER, Jean Baptiste VERDET, Ignace PY agent de Pierre RICHARD, Claude Joseph JACQUOT, Nicolas TRIVAUDEY, Jean JULLIEN, , les dites voitures doivent être rendues dans les magasins de Belfort ou à Strasbourg dans les plus brefs délais...»

 

5 frimaire An II ( 26 novembre 1793)

« Fourniture au marché de St Loup : 1 quarte de blé, bon seigle ou seigle et orge

Pierre JULLIEN, Jean François CACHOT, Jean François MAUTRAND, la veuve Jean François GENTILHOMME, Claude Joseph MARIE, la veuve Claude François MAUTRAND, Jean VERDET, Joseph BAILLAND, la veuve d'Urbain JACQUOT, Joseph MAUTRAND, Jean Claude GENTILHOMME, Claude CACHOT, Joseph GUILLOT, Ignace MARIE, Claude joseph CACHOT, Nicolas JACQUOT....

Pierre JULLIEN déclare qu'il ne peut pas livrer du grain à St Loup car il doit livrer à Belfort...

 

13 frimaire An II (3 décembre 1793)

« Réquisition de 28 quartes(1) de graines pour fournir le marché de St Loup. Le citoyen Pierre THEVENOT, Jean Nicolas THEVENOT pour chacun six quartes tant bled que seigle, Claude DENIS pour six quartes de bled, Jean François MAILLOT, pour deux quartes tant bled que seigle, Charles MARIE, à la décharge de Pierre JULLIEN cinq quartes tant bled que seigle, Claude François CACHOT pour trois quartes tant bled que seigle tous lesquels ci dessus sont requis de se tenir prêts pour le quatre décembre... »

 

 

21 frimaire An II (12 décembre 1793)

« Réquisition de 48 quintaux pour l'armée du Rhin, de 5 quartes pour l'hôpital de Luxeuil, de 20 quartes pour la ville de Luxeuil

Claude DENIS : 5 quartes de blé, Pierre THEVENOT : 8 quartes de métail,Jean Nicolas THEVENOT/ :8 quartes de métail, Jean François CACHOT :3 quartes de métail, Jean Pierre BOUDINOT : 1 quarte de métail, La veuve Jean Baptiste VERDET : 1 quarte de métail, Pierre JULLIEN : 2 quartes de métail, Toussaint COURTOISIER : 1 quarte de métail, Ignace PY agent de Pierre RICHARD : 10 quartes blé et seigle, Nicolas TRIVAUDEY : 1 quarte de blé, Louis TRIVAUDEY/

2 quartes de blé, François JACQUOTIN : 3 quartes de blé, Joseph BAILLAND : 6 quartes de blé, le citoyen RIBOULET : 1 quarte de blé, Nicolas JACQUOT : 4 quartes blé et seigle, Jean François MAILLOT : 2 quartes de bon seigle, la veuve Claude François GENTILHOMME : 1 quarte de blé, Joseph CACHOT : 5 quartes de bon seigle ou blé, Claude CACHOT le Vieil:3 quartes de blé, la veuve Claude François CACHOT:2 quartes de seigle, François CAREY : 2 quartes de blé

le même jour :

« Réquisition de 4 voitures pour conduire le blé et le seigle :Piere JULLIEN,Jean BEUGNOT, Claude François CACHOT, le jeune JULLIEN, Ignace MARIE ….et 2 voitures pour l'hôpital de Luxeuil conduites par Jean François MAILLOT »

Toujours le 12 décembre

«  Réquisition de 17 voitures pour charger du foin et avoine dans les magasins militaires de Luxeuil pour les conduire à Colmar ou Strasbourg...

Barthélémy GUILLOT, Nicolas TRIVAUDEY, Louis TRIVAUDEY, Nicolas BRETEY, François JACQUOTIN, François MOUGENOT, Joseph BAILLAND, Benoît CALLAND, Nicolas JACQUOT, Jean Pierre VERDET, Claude JULLIEN, Claude DENIS, Jean Nicolas THEVENOT, le citoyen GALAIRE, Joseph CACHOT, Jean JULLIEN,  Jean Pierre CALLAND

 

16 nivôse An II (5 janvier 1794)

Nouvelle réquisition pour St Loup (quartes de blé)

« 3 quartes pour Nicolas JACQUOT,

2 quartes pour Claude DENIS ( ferme d'Hairecourt ), Nicolas THEVENOT de Varigney, Pierre THEVENOT 

1quarte pour , Joseph BAILLAND , François CAREY, Claude François CACHOT,

Jean Pierre CALAND, Nicolas BRETEY, Joseph CACHOT, Claude CACHOT, Claude Joseph JACQUOT »

 

28 nivôse An II ( 17 janvier 1794)

« Réquisition de 13 voitures de foin et avoine pour les magasins militaires d'Alsace.

François CAREY, la veuve Claude François MAUTRAND, la veuve Claude François GENTILHOMME, Joseph GUILLOT, Charles MARIE, Claude Joseph MARIE, Toussaint COURTOISIER, Jean Baptiste VERDET, Pierre RICHARD, Laurent MARQUAND, Jean Pierre MAILLOT, la veuve GENTILHOMME , Claude François JACQUOT....

même date : Réquisition de grains

Nicolas JACQUOT : 1 quarte de bon seigle, François JACQUOTIN : 1 quarte de bon seigle, Nicolas THEVENOT :1 quarte de seigle, Pierre THEVENOT: 1 quarte de seigle, Claude Joseph MARIE : 1 quarte d'orge, Joseph GUILLOT : 1 quarte d'orge, Ignace MARIE : 1 quarte d'orge, Claude Joseph JACQUOT : 1 quarte d'orge, la veuve Claude françois GENTILHOMME : 1 quarte d'orge »

 

le 30 germinal An II ( 19 avril 1794)

Une autre forme de réquisition :

« Les citoyens Petitjean, Bauchet, Cabrey, membres du Directoire de Luxeuil, Martin, Desgranges,Cadet,Gay et Robert, membres du Conseil décident le recrutement de Commissaires pour dresser la liste des laboureurs qui peuvent recevoir et refaire les chevaux fatigués ou blessés des différents services militaires de la Républiuque... »

Au commissaire qui se présente à Dampierre il est répondu «qu' il n'y a plus de foin que pour le bétail, que la commune n'avait même pas assez d'avoine pour fournir le contingent exigé, qu'elle manquait d'eau pour abreuver les chevaux ce qui a été la cause que de tous temps les laboureurs n'ont pas fait usage de chevaux et qu'ils manquent donc de toutes les choses nécessaires à leur entretien soit crèches, râteliers, traits...

La municipalité toutefois déclare que le citoyen Nicolas Bretey est en mesure de recevoir deux chevaux... 

 

même date :

« Un commissaire passera dans toutes les maisons pour dresser la liste des cochons avec âge,poids et sexe. La mort d'un cochon sera portée sur les registres de la commune »... 

 

le 10 floréal an II (29 avril 1794)

Réquisition d'objets chez les les plus aisés par le District de Luxeuil :

"Galaire, maître de forges à Varigney: un habit et deux bottes

2 Theuvenot : un habit et une chemise

Pierre Carrey : une redingote

Thérèse Marie Veuve Jacquot : une paire de souliers

Joseph Mantrand : une culotte

 Jean-Claude Gentilhomme :  une chemise , une paire de guêtres

Claude Marie : une paire de souliers

Claude Cachot : quatre aunes(2) de toile, une veste, une culotte

Joseph Cachot : une chemise

Claude Joseph Marie : une chemise

Charles Marie et Joseph Guillot : : une paire de souliers

Joseph Trivaudey : une chemise et une veste

Claude François Beugnot : une paire de souliers

Nicolas Hugonnin : une chemise

Antoine Guillot : deux paires de guêtres

Antoine Gentilhomme : une paire de souliers

Jeanne Antoine Jullien veuve Gentilhomme : une paire de bas

Ignace Marie et Claude Jullien : une paire de souliers

Claude François Cachot : une chemise

Pierre Mougenot : un pantalon

La veuve Nicolas Henriroux : deux aunes de toile

Pierre Bretey : une paire de bas

Pierre François Prudon : une chemise

Claude Denis : une paire de souliers

Veuve Claude François Prudon : une paire de bas, une chemise

Le citoyen curé : une paire de souliers

Jean Claude Marie : une paire de souliers

Nicolas Jacquot: quatre aunes de toile, une paire de bas, une paire de souliers

Jean François Maillot : une chemise

2 Riboulet :  deux paires de souliers

Joseph Bailland : une chemise, une paire de souliers

Jean François Maillot, le jeune,: deux paires de bas

Nicolas Bretey : une paire de bas

François Jacquotin : une chemise, une paire de guêtres

Jean Begout : une culotte, une paire de guêtres

Claude Joseph Jacquot : une culotte et un pantalon

Françoise Jullien veuve Gentilhomme : une chemise

Pierre Richard : deux chemises, une paire de guêtres

Jean Baptiste Verdet avec Ignace Py : une paire de souliers

Toussaint Couturier : une chemise, une paire de guêtres

François Decailloz : une paire de guêtres

Pierre Jullien : une chemise

Veuve Jean Baptiste Verdet : un chapeau

Jean Verdet : un casque

Etienne Jullien : un casque

Thérèse Jacquot veuve Grandjean :  une demi livre de fil retord

Françoise Mourey veuve Cachot : une paire de souliers

Veruve Marquand et veuve Corcier : trois quarts de fil retord

Jean Claude Rousse : une paire de souliers

Jean françois Boudinot: une paire de bas, une paire de guêtres

Jean Baptiste Gentilhomme : une veste

Nicolas Begout : une paire de guêtres

Benoit Caland : une paire de guêtres"

 

Toutes ces réquisitions n'étaient pas acceptées de bon cœur. Les élus recevaient alors des lettres de menaces émanant de Conflans comme celle-ci adressée par les Commissaires Mailliard et Brouillet en date du 24 germinal An II (13 avril 1794)

« Citoyens,

Après la réception de la lettre et de l'arrêté des administrateurs du département de la Haute Saône du dix neuf germinal courant, nous ne pouvons plus différer un instant de vous forcer à livrer votre contingent pour l'Armée tant en grain qu'en fourrage dont elle a le plus grand besoin. Songez qu'il y va du salut public et peut être de votre vie même. Prenez donc les mesures les plus promptes et les plus vigoureuses pour faire partir l'arriéré de votre contingent jusqu'à concurrence de dix décades pour les grains et de trois pour les fourrages que vous vous laisserez. Répartissez sur le champ. Songez que vous êtes responsables de l'exécution de notre réquisition et que l'on va faire des exemples terribles de ceux qui par malveillance ou par faiblesse auront laissé nos frères d'armes dans les horreurs de la disette. Répartissez donc dans les 24 heures, rendez nous compte dans le même délai de vos démarches. Nous avons force armée pour punir et faire traduire au Tribunal Révolutionnaire ceux qui se refuseront à nos réquisitions. Transcrivez celles-ci sur vos registres et apportez nous en une expédition conforme .

Salut et fraternité »

Dès le lendemain, les répartitions sont faites et les habitants s'exécutent....

 

 

La population de Dampierre est exaspérée par toutes ces réquisitions ( on peut les comprendre...) .

 

Au cours de Messidor An II ( juillet 1794) les citoyens de Dampierre se révoltent contre les réquisitions, se cachent pour ne pas les réaliser, se vengent sur les membres du conseil , les fenêtres de l'Agent national Begout sont brisées, des arbres de certains conseillers sont coupés....

Le 2 ventôse An III (20 février 1795) Pierre Bretey requis de conduire une voiture à Landau se cache, Jean Pierre Prudon est requis à sa place mais il se fait délivrer un certificat par le médecin comme quoi" une hernie le rend impropre à remplir cet office"

Le Commissaire de Conflans menace "la municipalité rebelle et insouciante de la dénoncer au représentant du Temple..."

Sous la menace, Claude Cachot est désigné...

et le 7 vendémiaire An III (28 septembre 1795 ) , les femmes, à la sortie du village arrêtent les voitures de grains destinées aux marché de St Loup et les forcent à retourner.

 

(1) la quarte de Luxeuil et St Loup = 49 litres, la quarte de Vesoul = 40 litres

(2) : l'aune  de Lorraine : 1,18 m

Voir le chapitre sur le calendrier républicain.

 

sources : Archives communales de Dampierre lès Conflans

 

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