FOUGEROLLES.Remède contre la toux...

création : 17/09/2018

 

     FOUGEROLLES : Un remède radical.

   Anne Pierre avait accepté, à contre coeur, d'épouser Sébastien Danaud, cabaretier à Fougerolles-le-Château. Dès le début de leur mariage, elle refusa de se laisser toucher par son mari « ce qui, avoua-t-il un jour au chirurgien Nardin, lui donnait toujours sujet de mal augurer d'elle ».

   Deux jours avant la Noël 1704, comme cela lui arrivait assez souvent, Danaud fut pris de quintes de toux. Sa femme lui dit qu'il « ferait mieux d'aller se coucher : étendu dans son lit, il souffrirait moins qu'à rester debout dans la salle ».Il en convint.

   Attentionnée, elle lui proposa «  du brandevin brûlé vous serait bon pour cuire cette fluxion, il faut en prendre ». Il en fut d'accord.

Elle alla donc à la cuisine pour préparer le brûlot : elle versa le brandevin ( eau de vie de médiocre qualité) dans un plat, y ajouta du sucre et y mit le feu. Une petite flamme bleu-vert trembla un moment, puis s'éteignit. Elle emplit un verre de ce salutaire breuvage et le porta à son mari déjà au lit.

   Le lendemain matin , Elisabeth, la servante, monta dans la chambre. Elle demanda à son patron comment il avait passé la nuit. Il répondit qu'il « avait été grandement incommodé par de très violents dévoiements d'estomac ». De fait, les draps étaient tachés de vomissements. Le mal le travailla durement pendant trois jours, jusqu'à ce qu'on fit venir le chirurgien Camille Nurdin. Il lui administra un remède qui semble avoir atténué les douleurs.

   Mais son état ne s'arrangea guère les jours suivants. «  Il a fallu que je sois ensorcelé ou empoisonné » murmurait Danaud. Le médecin Mathieu appelé un peu plus tard, penchait pour la seconde hypothèse.

   Après quelques jours d'agonie, le cabaretier mourut. Les doutes sur la cause de son trépas étaient si forts qu'on fouilla aussitôt la maison. Dans le coffre d'Anne Pierre, on découvrit un linge où elle conservait de l'antimoine en poudre et de l'arsenic en roche , produits dont l'autopsie pratiquée le 15 janvier, révéla la présence dans les viscères du mari. Elle fut condamnée à mort le 5 janvier 1706.

   Devant l'église, tête nue, pieds nus, à genoux, elle fit l'aveu public de son crime et en demanda pardon à Dieu, au Roi et à la justice. Elle le renouvela devant la maison conjugale. Après quoi, on la pendit sur la place publique de Fougerolles-le-Château. Elle y demeura 24 heures, puis on la transporta , non loin de là, à la potence pour y reste jusqu'à ce que son corps soit réduit en cendres. De quoi dissuader les fougerollaises de soigner la toux de leur mari au brandevin brûlé 

 

sources : Parcelle d'histoire : Remède radical contre la toux de Guy-Jean Michel

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