La Guerre de Dix Ans

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création : 05/12/2015

                             LA GUERRE de DIX ANS

 

     La « Guerre de dix ans » (1634-1644) fut la phase qui a concerné notre région au cours de la guerre européenne dite « guerre de trente ans) (1618-1648).

Cette guerre était en fait, au début, une guerre de religions entre l'Empire Germanique catholique dirigé par Ferdinand de Habsbourg et les princes tchèques et allemands protestants soutenus par le Roi de Danemark Christian IV.

Le conflit s'élargit à l'Europe par crainte des Habsbourg successeurs de Charles Quint qui étaient maîtres de l'Empire Germanique et de l'Espagne.

    Le Roi de Suède Gustave-Adolphe soutenu financièrement par le cardinal de Richelieu au nom du roi Louis XIII et par de nombreux princes allemands tous inquiets de la puissance grandissante de Ferdinand de Habsbourg intervient en 1631 et remporta des victoires jusqu'à sa mort au cours de la bataille de Lutzen ( Saxe) en 1632. La France prit la tête de la lutte contre les Habsbourg et prit en charge financière de l'armée de mercenaires de Bernard de Saxe-Weimar, chef de guerre du Roi de Suède ( d'où l'appellation « les suédois », mais en réalité les mercenaires étaient essentiellement allemands).

 

La Guerre de dix ans

    Il faut rappeler , qu'à cette époque, la Franche Comté était propriété du Roi d'Espagne Philippe IV et la Lorraine faisait partie de l'Empire Germanique de Ferdinand de Habsbourg. Donc Dampierre et toute la région n'étaient pas français .

En 1636, Louis XIII déclare la guerre à l'Espagne et avec une armée de 15 000 hommes commandée par le Prince de Condé fit le siège de Dole en mai 1636, alors capitale de la Franche Comté.La ville entourée de solides remparts et défendue courageusement par ses habitants résista et Condé se retira le 15 août en laissant toute la région de Dole anéantie.

Ce fut alors en Franche Comté et particulièrement dans notre région, le Bailliage d'Amont, un passage incessant de troupes de mercenaires. Celles envoyées par Ferdinand (amies) de Gallas ou du Duc Charles de Lorraine, celles envoyées par le Roi de France ( ennemies) de Bernard de Saxe -Weimar, du Duc de Longeville, du Marquis de Villeroi ou du Maréchal de Turenne.

Qu'il soit d'une armée amie ou ennemie, le soldat mercenaire souvent mal rémunéré se payait sur l'habitant qu'il n'hésitait pas à torturer pour lui faire avouer où il avait caché son magot. Ils pillaient la nourriture, le bétail , brûlaient des villages entiers. Les armées traînaient avec elles les femmes et même les enfants ce qui doublait et même souvent plus, les individus à nourrir.

Massacres, viols, pillages, incendies, rançons voilà se subissent nos ancêtres. Plus rien dans les greniers, plus de bétail, plus de semences de blé,pa sécurité, on se retranche dans les bois,c'est la famine. On se nourrit d'herbe, de chiens, de chats, de rats et même de chair humaine. Et pour compléter la misère, la peste de retour dès 1635. Cette épidémie est à l'origine des «Tombes des pestiférés» à Bouligney. Ces malades qu'on isolait loin des habitations pour éviter de transmettre la maladie.

Si après la mort de Richelieu (1642) et de louis XIII (1643), la période fut un peu plus calme, il fallut attendre le traité de Westphalie en 1648 entre la France la maison d'Autriche mais surtout le traité des Pyrénées entre la France et l'Espagne en 1659 qui laissa provisoirement la Franche Comté à l'Espagne pour qu la paix soit enfin revenue.

Le Bailliage d'Amont e trouva vidé de ses habitants ( 40 à 60 % de la population a disparu). La moitié des villages n'avaient plus qu'une dizaine d'habitants et certains restèrent inhabités jusque vers 1660. On eut recours à l'immigration pour repeupler la région ( suisses, savoyards, lorrains, picards …)

L'Abbé Descharières, dans sa lettre rapportée par Louis Jeandel, écrit qu'après 1635, la guerre, la famibne, la peste désolèrent la franche Comté pendant près de cinq ans. " La plupart des villages étaient déserts et les forêts remplies de cadavres de pestiférés. Les habitants réduits à un petit nombre vivent isolés dans les bois avec le peu de bétail qui leur reste". "On vit même des malheureux manger de la chair humaine" écrit Dom Calmet

Dampierre, bien que village lorrain, subit le même sort. Il fut entièrement détruit par les troupes de Bernard de Saxe-Weimar ( les suédois) en 1635.

    Le village de Dampierre était situé sur le versant nord-est ( côté Jasney) au dessus de l'actuel chemin de remembrement. Emplacement idéal en raison des sources proches ( fontaine d'Auremenaux, du Rhin, des Charmottes ).

Des anciens lieux-dits aident à nous rappeler la position «En Masey» ( vient du latin maison ruinée), «En Quetille» ( de l'ancien français courtille mais aussi du patois quechy = jardin ), «La Fontenotte» (petite fontaine), «En Chapelot» ( petite église), «les Champs de l'Herse» (erreur de transcription d'un géomètre, il s'agit de «l'ers» une sorte de lentille)

On ignore le nombre d'habitants à cette époque et si des habitants et combien ont survécu à la tourmente. En 1652, le curé résidait à Bourguignon car « il n'avait plus de paroissien, le village étant inhabité ». Il faudra attendre 1703 ( premier registre d'acte religieux de baptêmes, mariages, décès) pour qu'un curé réside. Les premières maisons du centre du village ( entre la route de Jasney et l'église actuelle ) ont été construites entre 1680 et 1750.

On utilisa les matériaux provenant des ruines du village détruit ( pierres , poutres, éléments de décor... ) que l'on retrouve dans les parties les plus anciennes des maisons. On y trouve en particulier beaucoup de pierres rougies par l'incendie.

Le village a été reconstruit sur la colline, sans doute pour des raisons de sécurité, il n'y avait pas de route pour accéder mais avec le gros inconvénient du manque d'eau qui dura pendant près de trois siècles... (voir l'article "Dampierre village sans eau )

 

 

 

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