La société médiévale

création :20/11/2015

dernière mise à jour: 16/01/2016

 

A l'importance du seigneur étaient liés des droits comme la justice ( haute, moyenne,basse justice) ou le droit de battre monnaie.

Suzerain et vassal étaient liés par un serment de fidélité: «l'hommage» . Au cours de la cérémonie de l'hommage, le suzerain confiait un territoire (le fief) avec ses revenus, en contrepartie, le vassal devait l'aide à son suzerain :

  • le service militaire (l'ost) pendant un nombre de jours (en général 40 jours) avec un nombre d'hommes d'armes et d'équipements déterminé.

  • L'assistance à son conseil (le plaid)

  • une redevance en argent appelée «Aide aux quatre cas»

      • départ pour la croisade

      • paiement d'une rançon en cas de capture lors d'une bataille

      • accès à son fils à la chevalerie

      • paiement de la dot lors du mariage de sa fille

Avant d'aborder l'époque médiévale, il me semble bon de faire un rappel rapide de ce qu'était la société européenne au Moyen Age.

 

UNE SOCIETE HIERARCHISEE

 

Au Moyen Age, la société est partagée en 3 corps

    • ceux qui prient ( le clergé)

    • ceux qui combattent ( la noblesse)

    • ceux, les plus nombreux, qui travaillent ( essentiellement les paysans)

 

CEUX QUI COMBATTENT

 

Le Comté de Bourgogne avait à sa tête un Comte héréditaire depuis le Comte Otte-Guillaume (982-1026), lui même vassal du Roi de Bourgogne , ses successeurs le seront de l'Empereur du Saint Empire Romain Germanique et plus tard du Roi d'Espagne et enfin du Roi de France.

Renaud 1er de bourgogne                                                                      Theobald ii count of bar

Renaud 1° de Bourgogne (986-1057)                      Thiébaut   1° de Bar                                        Henri III de Bar ( 1259-1301)

fils de Otte-Guillaume 1°

 

Venaient ensuite les grands feudataires, les Chalon, Faucogney, Fouvent, Jonvelle, Achey...qui étaient pairs (donc placés sur un pied d'égalité) et qui étaient suzerains d'autres vassaux et ainsi de suite.

Ce système ( la féodalité) formait une sorte de pyramide qui descendait du souverain au plus petit possesseur de fief.

A partir du XI° siècle, les fiefs deviennent héréditaires et ne sont plus divisés entre tous les héritiers comme cela se passait pendant le Haut Moyen Age mais sont intégralement transmis avec le titre au fils aîné. Les autres fils recevaient des fiefs secondaires, si le défunt était un assez important propriétaire pour le permettre, sinon ils se mettaient au service du suzerain avec l'espoir de recevoir un fief en récompense ou rentraient dans les ordres religieux. Quant aux filles, elles devenaient religieuses ou les parents les mariaient, sans leur avis, afin de fonder des alliances avec d'autres familles ...si on avait les moyens de payer la dot...

 

Mariage

 

mariage de Béatrice de Bourgogne avec l'Empereur Frédéric Barberousse en 1156

 

CEUX QUI. PRIENT

 

Le clergé était composé du clergé séculier vivant dans la population et du clergé régulier qui suivaient une règle monastique.La plupart des membres de la hiérarchie du clergé qu'il soient séculier ou régulier sont issus de la noblesse.

Les prêtres des paroisses étaient généralement issus du milieu paysan.

 

Le clergé et en particulier les moines ont eu un rôle important depuis le haut Moyen Age. C'est dans les monastères, comme nous l'avons vu pour St Colomban, que s'est transmise la vie culturelle avec les écoles, les ateliers de copies de manuscrits, les bibliothèques....

 

Bapteme                                                                       Moines                                                 

          baptême                                                                                                                        moines

 

Les évêques et les abbés étaient souvent seigneurs dans leurs localités et n'avaient comme suzerain que le Comte comme Clairefontaine ou directement l'Empereur comme Luxeuil ou indépendant comme Lure.

 

 

 

Tout en bas de l'échelle, les  « vilains» ( paysans libres après les affranchissements) et les «serfs».

 

     CEUX QUI TRAVAILLENT

 

300px rythme saisonnier 1

                     Le rythme saisonnier

Tout en bas de l'échelle, les  « vilains» ( paysans libres après les affranchissements) et les «serfs».

L'esclavage avait été aboli à l'époque carolingienne grâce à la pression de l'Eglise. Le serf était considéré comme une personne alors que l'esclave romain était considéré comme une chose, mais il était toujours lié à la terre qu'il travaillait. On rencontre fréquemment des contrats cédant «une terre et des hommes»

Le statut de serf était héréditaire, il était lié à son seigneur par le «formariage» et la «mainmorte».

    • En vertu du droit de formariage le serf ne pouvait contracter mariage avec un serf d'un autre seigneur ou avec une personne de condition libre sans l'autorisation de son seigneur et en lui payant un droit.. Cette règle de formariage disparaît quasiment à partir du XVII° siècle.

    • La mainmorte était une survivance de l'esclavage romain. Les mainmortables ne pouvaient aller ailleurs sans laisser leurs biens au seigneur. Ils ne pouvaient les vendre. Le serf ne pouvait pas transmettre ses biens à ses héritiers, à sa mort, ses biens revenaient à son seigneur selon le principe «le serf mort, saisit le vif son seigneur».. L'objectif était d'éviter que les biens passent à des personnes extérieures à la seigneurie. Pendant sa vie , le serf jouissait librement de ses biens personnels. En réalité, le plus souvent, les héritiers devaient verser au seigneur soit un bien matériel ou du bétail ou encore une taxe particulière.

       

      On trouvait plusieurs forme :

      • «la mainmorte personnelle» lorsqu'elle s'attachait aux personnes

      • «la main morte réelle» lorsqu'elle concernait les biens

      • «la mainmorte générale» pour les deux... C'était la situation la plus dure pour les paysans qui s'en plaignaient

Le serf était «taillable ( imposable) et corvéable à merci»

La condition de servage diminua au cours des siècles par les affranchissements comme à Conflans (1248) et Dampierre (1319) avec de l'argent en compensation.

Alors que dans le reste de la France, cette coutume tendait à disparaître, elle a perduré en Franche Comté et tout particulièrement dans le Bailliage d'Amont (ancien nom de la Haute Saône) où une centaine de communautés subissent encore la condition de servage à la Révolution de 1789 en particulier sur les terres de l'Abbaye de Luxeuil.

Les habitants de Plainemont se plaignent «le village de Plainemont gémit depuis plusieurs siècles sous le joug d'une servitude la plus barbare. Il est dans la généralité de mainmorte...»

Ceux de Bassigney aussi :«de ne pas savoir pourquoi leurs biens passent à des étrangers à eux inconnus» ( Cahiers de Doléances de Plainemont et Bassigney, mars 1789).

Paysan                       Agriculture moyen age moyen age semence 1    Agriculture medievale paysans au moyen age

 

La loi du 4 Août 1789 sur l'abolition des privilèges a mis fin définitivement à cette pratique féodale.

L'affranchissement collectif  : un traité d'affranchissement collectif accordé volontairement par le seigneur moyennant une somme ou une rente par exemple pour Conflans et Dampierre

 

L'affranchissement individuel par « désaveu », c'est une spécificité comtoise. Le serf demande au seigneur de l'affranchir. Après accord,il devient alors « franc »mais en contrepartie, il abandonne tous ses biens meubles et immeubles à son seigneur ont dit qu'il choisit «  la liberté ou la terre... )

 

Dans les villes et les bourgs, après les affranchissements comme à Conflans, à partir du XIII° siècle apparaît une nouvelle classe, celle des bourgeois ( artisans, commerçants, médecins, hommes de loi, financiers...) qui ne tarda pas à détenir le pouvoir économique mais resta sans pouvoir politique jusqu'à la révolution de 1789.

 

 

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