CONFLANS,le Maire & la croix

      CONFLANS, le Maire et le monument

    Sous la III° République, la France fut longtemps déchirée par la lutte entre les conservateurs catholiques et républicains anticléricaux.

    Malgré le ralliement prôné par le Pape Léon XIII pour amener les catholiques à accepter le régime démocratique, la lutte perdura. Il faudra la fraternité des tranchées de la guerre 1914-1918 pour que naisse la réconciliation.

    En 1912, Franc-Nohain,(*) journaliste à « l'Echo de Paris »(**) épinglait les « affreux républicains ».

    Ce fut le cas pour Jules Seguin, maire de Conflans. Un jour de l'été 1912, Franc-Nohain décrivait dans un article de l'Echo de Paris » « un acte odieux et imbécile : Au milieu de la grand'place du village de Conflans-sur -Lantene se dresse une croix dont les figures sculptées ont souri à des générations d'habitants. Autour du Christ, il y a là des saintes et des saints, Saint Maurice surtout, patron de la paroisse, un Saint Maurice cavalcadant : ah ! Ce cheval de Saint Maurice, combien de vieillards au dos voûté révèrent, quand ils étaient gamins, de faire sur lui de magnifiques et prodigieuses randonnées, combien de mères évoquèrent son image pour tenir sages leurs petits garçons. Mais les idées ont marché : le cheval merveilleux, le cavalier mystérieux et charmant, les saints, les saintes, la croix, le Christ, tout cela n'est plus, car le Maire sans doute radical-socialiste et franc-maçon venait de décider la démolition de cette croix. »

    Le maire, Jules Seguin, n'eut pas de peine à confondre l'accusateur. En réalité, la croix n'était pas au milieu de la place, mais près de l'église, masquée par le feuillage d'un acacia et menaçant ruine. Plusieurs saints avaient déjà perdu leur tête et le « cheval merveilleux », ses pattes. Les gamins de Conflans s'amusaient à faire du feu dans les trous de moellons disparus ou pissaient sur la croix.. Les saltimbanques de passage s'en servaient pour adosser ou attacher leurs campements.

    La municipalité, loin de vouloir la démolir, avait décidé, pour éviter sa chute prochaine et en protéger les habitants, de la déplacer de quelques mètres. Le curé consulté, avait donné son accord. La restauration de la croix et son déplacement sont terminés le 22 août 1912.

    Comme l'écrivait le maire «  Voilà la véritable histoire de la démolition et de l'acte odieux et imbécile dont Franc-Nohain s'était fait l'écho depuis Paris ».

(*) Maurice Etienne Legrand dit Franc-Nohain (1872-1934), avocat, écrivain, rédacteur en chef de l'Echo de Paris.

(**) L'Echo de Paris (1884-1938), quotidien parisien à orientation conservatrice et patriotique.

sources : Parcelle d'histoire : L'acte odieux du maire de Conflans de Guy-Jean Michel

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