Les arbres de la Liberté

arbres de la liberté

création : 26/11/2015

dernière mise à jour : 28/01/2016

                                                  LES ARBRES DE LA LIBERTE

    

 

    La tradition du «Mai» est une coutume très ancienne. Le «Mai» était en général un arbre ébranché jusqu'au houppier, que l'on plantait le premier jour de mai pour fêter le printemps. C'était un reste d'un rite païen...

Sous l'ancien régime, un «Mai d'honneur » était souvent dressé devant la porte du seigneur par les villageois, en marque de respect ou dans les bourgs devant la porte des élus. Cette tradition s'était perpétuée dans notre région sous une autre forme : les jeunes gens plantaient des «Mais» devant la porte des jeunes filles à marier.

 

    Les révolutionnaires ont repris cette tradition pour l'appliquer à «l'amour de la Liberté».

Le premier « Arbre de la Liberté » a été planté à ST Gaudens, en mai 1790, par le curé le jour de l'installation de la nouvelle municipalité. Les plantations se multiplient en particulier à partir de l'été 1792, après la déclaration de guerre, la victoire de Valmy et l'instauration de la 1° République. Le premier texte officiel est un décret de la Convention du 3 Pluviôse an II ( 22 janvier 1794)

«La Convention Nationale décrète que dans toutes les communes de la République Française où l'Arbre de la Liberté aurait péri, il en sera planté un d'ici au premier Germinal ; elle confie cette plantation et son entretien aux soins des bons citoyens, afin que dans chaque commune, l'Arbre de la Liberté fleurisse sous l'égide de la Constitution française...»

A la chute de Robespierre , le 9 Thermidor an II ( 27 juillet 1794), la plantation d'arbres se ralentit. Elle reprend sous le Directoire et devient une «fête nationale obligatoire» ( Arrêté du 28 Pluviôse an VI)

«Le Directoire exécutif, arrête ce qui suit :

Article 1er : La fête de la souveraineté du peuple sera célébrée le 30 Ventôse prochain dans toutes les communes de la République …

Article 4 : Une enceinte sera formée dans la rue principale publique de la commune ou, à défaut dans un champ voisin. Au milieu et sous un arbre de la Liberté, s'élèvera un autel de la Patrie, entouré de verdure et surmonté du drapeau tricolore. Le livre de la Constitution sera placé sur l'autel.

Article 5 : Le 30 Ventôse, au matin, les vieillards se réuniront à la maison commune, et de là, se rendront en ordre au lieu fixé pour la cérémonie. Quatre jeunes gens de la commune marcheront devant eux, portant chacun un écriteau ou bannière.

Ces jeunes gens auront été choisis parmi ceux qui fréquentent avec le plus d'assiduité les écoles publiques et se sont distingués par leur patriotisme.

Chacun des vieillards aura à la main une baguette blanche...

Après eux marcheront les fonctionnaires publics élus..., les instituteurs publics et leurs élèves marcheront ensuite...»

De très nombreux Arbres de la Liberté subissent des dégradations de la part de contre révolutionnaires mais aussi de mécontents en particulier en raison des réquisitions importantes d'hommes, de matériel et de fournitures pour les armées du Rhin.

«Vous avez été informé, citoyen, par le Commissaire du Directoire du conseil général du canton de Vauvillers que l'on a pratiqué des trous d'aviron dans l'arbre de la Liberté de cette commune lequel se trouve sous les fenêtres de la maison du Juge de paix et qu'à Montdoré, l'arbre de la Liberté a été coupé pendant la nuit...

Ces délits sont particulièrement attribués aux progrès qu'a fait le fanatisme dans les cantons de Vauvillers, Jussey, Jonvelle,Conflans... St Loup... et autres lieux et sont le résultat funeste de l'insouciance et de la malveillance des administrations municipales... » (Vauvillers le 28 Floréal an IV )

De nombreuse exactions sont signalées :

«Pendant la nuit du 16 au 17 germinal an VII... on est venu couper et déshonorer ledit arbre...» (Calmoutier), mais aussi à Luxeuil ( 11 Germinal an VII), à Saulx ( 16 Prairial

an VIII), à Fontenois La Ville , Betoncourt St Pancras ( Brumaire an VIII)....

On remet en place les arbres :

«Et aussi de remplacer l'arbre de la Liberté de notre commune parce que le premier menace de tomber...» ( Dampierre les Conflans , le 27 Novembre 1793)

mais en prenant des précautions...
«
Adjudication d'une palissade autour de l'arbre de la liberté qui est placé dans la cour de la maison commune et d'une guérite pour être placée auprès de l'arbre de la Liberté...» ( Vesoul, le 18 Germinal an VII) … Adjugé à 130 F... 

« Que l'arbre de la Liberté planté il y a quelques années dans la place publique ladite commune ayant péri après avoir été mutilé par quelques malveillans ledit agent a fait procéder le 4 Frimaire à la plantation d'un autre avec toutes les précautions possibles pour le rendre vivace mais présumant que toutes ces précautions prises ne suffiront point, on a l'intention de le palissader autour... » Esmoulins 4 Frimaire an VIII )

 

    Née sous la révolution , la tradition de plantations d'arbres sera reprise à chaque étape importante du progrès des libertés : 1830, 1848, 1871, 1945.

    Le 2 Mars 1848, c'est Victor Hugo qui préside la cérémonie, Place des Vosges à Paris.

 

    Juillet 1989, un tilleul,« Arbre de la Liberté » a été planté à Dampierre devant le four communal pour commémorer le bicentenaire du 14 juillet 1789.

 

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