Noms, Prénoms

noms

création : 05/12/2015

                                               NOMS et PRENOMS

 

L'ORIGINE DES NOMS DE FAMILLE

 

    En France,jusqu'au XII° siècle , le nom de famille proprement dit n'existait pas. Chaque individu portait un prénom qui permettait sa reconnaissance dans le village. Comme la liste des prénoms n'était pas très étendue, on rajoutait par exemple le prénom du père ( le Louis du Jean ) ou un caractère physique d'où Petitjean, Grandjean, Grosjean, Legras, Petit , Bossuet, Tondu, Lebrun.., son lieu d'habitation comme Dubois, Duchêne, Dupont. Debiez, Rivière, Laval, Duval, Després....ou le métier : Marchand, Boulanger, Berg(i)er(et), Grangier., Tisserand, Faivre, Lefevre, Marchal l'origine : Lallemand, Picard, Parisien,Bourguignon.. Des prénoms : André, Marie, Charles, Robert... qui étaient souvent des prénoms donnés par les moines aux enfants abandonnés recueillis dans les monastères ce qui était fréquent au moyen âge. On donnait le nom du saint du jour de l'abandon de l'enfant. Est ce l'origine de la famille Marie qu'on retrouve fermier à la Grange de Varigney dépendant de l'Abbaye de Clairefontaine ?

On trouve aussi fréquemment des prénoms modifiés par l'ajout de la terminaison « ot »( petit en parler comtois) ; comme Jacquot, Petitot, Jeannot, Hugo, Simonot, Villeminot. Fleurot, Parisot....Le prénom Jean très répandu est par exemple à l'origine de Jeannot, Jeannin, Jeanney, Jeanneney, Petitjean, Grandjean, Grosjean, Jeantroux, Jeanparis...

Certains noms issus de prénom sont différents car nous sommes dans une région frontalière linguistique ( langue d'origine latine et d'origine alémanique ). par exemple Walter est devenu Vauthier et Gauthier, et Wilhem en V(u)illaume et Guillaume. Stéphane s'est transformé en E(s)tienne, E(s)tienney mais aussi en Thévenot, Thévenin, Thouvenot, Thouvenin. Nicolas s'est réduit en Colas, Colin, Colnot, Simon en Monnin, Monney...

Il est quelquefois difficile retrouver le prénom d'origine Par exemple le prénom latin Dominicus qui deviendra logiquement Dominique dans le parler français mais dans notre région frontalière il se transformera en Dimanche, Demange, Demouge, Demonge. Demougin. Ensuite par l'abandon courant de la première syllabe que les linguistes appellent « aphérèse » on obtient Mouge, Mougin, Mougeot, Mougenot, Mougel ou Mangin...

Pour beaucoup de noms, on ne connaît pas l'origine , soit parce qu'ils sont d'origine étrangère à la région ( germanique pendant les invasions du haut moyen âge ou savoyarde, picarde lors du repeuplement après la «guerre de dix ans», soit parce que le nom de départ est tellement déformé qu'on ne retrouve plus l'origine. Il ne faut pas oublier que les noms n'ont vraiment été écrits sur les registres tenus par les curés des paroisses qu'après « l'ordonnance de Villers-Cotterêts sous François 1° en 1539 et encore ...pas partout et pas pour tout le monde puisque seuls les chrétiens étaient concernés !...

Ce n'est qu' à la Révolution par la loi du 6 fructidor an II (1794) que les registres d'état civil seront tenus par les mairies et élargis à tous les citoyens sans distinction de religion...Mais l'orthographe n'était pas stabilisé . Par exemple on trouve jusqu'à la fin du XIX° siècle 2 frères l'un Vuillaume, l'autre Villaume , des parents proches frère et sœur, cousin Caland , Calland , Calant …

 

LE PRENOM

La liste des prénoms utilisés est restreinte jusqu'à la 2° moitié du XX° siècle.

Ainsi dans la liste des 129 gardes nationaux de Dampierre de 1831 :

    • 7 prénoms comptent à eux seuls 50% des prénoms donnés ( 64 sur 129) :

Jean-Baptiste (16), Claude-François ( 11), Charles ( 10), Joseph (9), Jean-Pierre (7),

Nicolas ( 6), François ( 5)

- 67 ( 52 %) sont des prénoms composés

- Les prénoms seuls ou composés les plus courants : Jean (35), François ( 27), Claude (23), Joseph (19), Pierre (18), Charles 13)...

        •  

Comment le prénom de l'enfant à naître est-il choisi ?

    Dans la grande majorité des cas,selon une coutume très ancienne, c'est le parrain et la marraine qui « nomment au baptême », le parrain pour les garçons, la marraine pour les filles

Cette coutume s'explique par l'importance que l'Eglise attache aux parrain et marraine lors du baptême. Ceux-ci peuvent être appelés à remplacer les parents en cas de décès .Ils sont responsables de la formation chrétienne du baptisé.

Les parents ne choisissent pas n'importe qui comme parrain ou marraine. Ils ne sont pour ainsi dire pas libre du choix qui leur est imposé par les traditions familiales. Traditions qui permettent de conforter la cohésion familiale et aussi protéger le patrimoine.

Dans ces conditions le parrain du premier né est nécessairement le grand-père paternel (ou à défaut l'oncle paternel le plus âgé) et sa marraine la grand-mère maternelle ( ou à défaut la tante maternelle la plus âgée). Car l'aîné , s'il survit, est présumé assumer la succession du chef de famille. Ensuite, pour les enfants suivants, on a recours aux oncles et tantes des deux côtés en maintenant l'équilibre entre les familles. Une fois les aînés plus âgés, ce sont eux qui sont choisis comme parrain ou marraine. Sauf si on ne peut pas faire autrement ou si on a parmi ses relations quelqu'un d'important, on ne sort pas du cercle familial étroit. On s'efforce aussi de choisir parrain et marraine les plus proches du domicile . En effet en raison de la crainte d'une mortalité infantile très forte, le baptême devait avoir lieu le jour même de la naissance au pire le lendemain.

Donc le parrain ou la marraine transmet un prénom de la famille à son filleul ou sa filleule

Un exemple : l'aïeul se prénomme Claude, son aîné a reçu le prénom de son bisaïeul François. L'aîné de François aura pour parrain son grand-père et s'appellera Claude et de la même façon son premier né se nommera François et ainsi de suite.

On note aussi le report sur le nouveau né du prénom du frère (ou de la sœur) décédé. On rencontre souvent le même prénom donné deux ou trois fois à la suite de disparition courante d'enfant en bas âge. Ce qui peut créer des problèmes dans les recherches généalogiques.

Autre difficulté avec les filles qui pour un grand nombre avait un prénom commençant par Marie. Exemple Marie-Claude qu'on retrouve inscrite comme Marie-Claude, Marie ou Claude suivant l'usage courant que l'on a du prénom vis à vis de la personne.

Il arrive aussi qu'on donne comme prénom celui d'un parent proche qui est décédé peu avant la naissance de l'enfant.

Lorsque, à partir du XVIII° siècle, la mode a été de donner un prénom composé , on a pu plus facilement mélanger les prénoms d'aïeux, de membres des familles paternelle et maternelle mais on s'aperçoit , comme au début de l'article, que le choix reste restreint.

On peut donner un troisième prénom qui celui là est plus le choix des parents. On trouve fréquemment des personnes qui sont appelées par leur 3° prénom ou même par un prénom qui n'est dans l'état civil.

Après la Révolution, plus rarement, dans les familles très catholiques et pas très républicaines , on donne des prénoms différents pour l'état civil et pour le baptême religieux et c'est ce dernier qui sera utilisé couramment.

 

SOURCES : Archives communales de Dampierre lès Conflans

                     Prénoms devenus noms de famille (Parcelle d'histoire Guy-Jean MICHEL)

Ajouter un commentaire