Rude hiver 1788-1789

création : 18/12/2017

             

          LE RUDE HIVER 1788-1789

 

     « Les temps étaient durs.Le trésor royal était vide avec une dette énorme et l'on continuait à recourir au moyen le plus facile pour boucher les trous : l'emprunt, le surendettement....

     Au difficultés financières s'ajoutait une crise économique et, au sommet de l'Etat, le roi Louis XVI hésitait : sous la pression de son entourage de princes et de ducs conservateurs, il tendait à rejeter les projets de réforme que lui proposaient les financiers et les nobles que la guerre d'indépendance américaine venait d'intéresser à la défense des droits de l'homme.

     Période morose.. Et voici que brusquement survint l'hiver. Un hiver terrible. Dans le bailliage d'Amont, le froid commença le 3 décembre et se maintint jusqu'au 14 janvier. Il fut si intense que la Saône disparut sous une couche de glace d'un mètre d'épaisseur. Tous les petits ruisseaux gelèrent et tous les moulins furent bloqués.Dans la région de Faverney fit exception celui d'Effondray situé sur la Saône en aval de Baulay : on s'y précipita de 20 kilomètres à la ronde. Ses quatre tournants avaient beau rouler jour et nuit : on n'en pouvait retirer sa farine que deux ou trois jours plus tard.

     Des milliers d'arbres fruitiers, abricotiers, pêchers mais aussi poiriers, pruniers, cerisiers furent touchés à mort. On vendit quelques mois plus tard les cerisiers de Port sur Saône pour en faire du bois de feu et Fougerolles fut condamné à ne plus distiller de kirsch pendant cinq ans.

     La couche de neige atteignait environ 50 centimètres. Ce fut plutôt un bienfait qu'une malchance. Car son épais manteau protégea tout ce qu'il recouvrait, les terres ensemencées et les vignes basses taillées.

     Le dégel commença le 14 janvier : la neige continua à tomber, puis la pluie. La couche blanche disparut, remplacée par des inondations qui causèrent des pertes considérables. L'abondance et la violence des eaux fut telle que le pont de Faverney en cours d'achèvement, y perdit quatre de ses arches.

     Après l'hiver, le printemps. Le ciel politique s'était entre temps éclairci : le roi avait fini par opter, entre Noël et le Jour de l'An, pour un programme de réformes des institutions, une consultation à la base (par la rédaction des cahiers de doléances) et des élections de députés aux Etats Généraux.

     De nos jours, la promesse de changement, l'annonce d'un référendum, le recours aux urnes ne sont plus de l'innovation. Au moment où, par un hiver brutal, s'ouvrait l'année 1789, c'était une initiative révolutionnaire »

     Et, on connaît la suite ….

 

     source : Parcelle d'histoire : «  Le rude hiver 1788-1789 » de Guy-Jean Michel

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