Signalisation routière,XIX° s.

signalisation

création : 05/12/2015

               VARIGNEY et LA SIGNALISATION ROUTIERE

                                  AU XIX° SIECLE

 

    La signalisation routière est d'origine très ancienne.

Dès l'époque romaine, les voies étaient bordées par des bornes militaires placées tous les miles romains (mille pas =1,472 km).

Du moyen âge au début du XVIII° siècle, la signalisation routière a été négligée et il était difficile, pour un voyageur, de savoir où il se trouvait ainsi que la direction qu'il devait emprunter. Les provinces étaient limitées par des bornes portant sur chaque face le blason de la province ou du royaume.

Certaines routes, en particulier les routes de pèlerinages, étaient signalées par des signes religieux ou des symboles ( par exemple la coquille St Jacques pour les chemins de Compostelle).

Sous louis XV, à partir de 1745, des hautes bornes de pierres ornées de fleurs de lys sont implantées sur les routes royales toutes les mille toises ( 2 km environ).

    Le 25 novembre 1820, le préfet de la Haute Saône adressa à tous les maires une circulaire concernant l'établissement de poteaux indicateurs. Pour les chemins vicinaux , de village à village, il écrivait : il suffira de réserver sur les coupes le bois destinés à faire les poteaux et écrire sur une planche qui y sera attachée le nom du lieu où aboutit le chemin ».

Pour les accès aux routes royales ou départementales, le Préfet souhaitait une signalisation plus soignée : « le poteau prélevé sur les coupes aura 4 mètres de longueur à vive arête de 25 cm  d'équarrissage »,la pose et les indications sur la planche devront « être faites par des ouvriers intelligents... ». Le Préfet précise que « le nom de la commune soit annoncé par un écriteau... à faire inscrire sur la première maison de l'entrée et de la sortie de la route » et que

«  cette inscription aura lieu en grosses lettres noires sur une plaque de gypse blanc ».

Le 13 juin 1842, le Préfet accepta la soumission du peintre Edouard Simon pour la confection de 186 panneaux indicateurs sur les routes départementales « Les panneaux auront 65 cm de large et 3 cm d'épaisseur. Les inscriptions seront blanches sur fond bleu en gros caractères romains avec un filet blanc pour cadre. Ils seront placés sur les façades des maisons avec six pattes de fer à l'entrée et à la sortie des villages... »

    A son retour de la campagne d'Italie, l'Empereur Napoléon III qui avait remarqué la qualité de la signalisation routière de ce pays, adressa le 19 Août 1859, une circulaire aux préfets leur ordonnant de faire le nécessaire pour améliorer la signalisation routière. Cette circulaire relança la mise en place de signalisation améliorée sur les routes départementales et nationales. Ainsi dans les 20 années qui suivirent, 631 poteaux indicateurs et 192 plaques indicatrices sont installées.

Mais la situation des chemins vicinaux s'était dégradée. Les poteaux en bois et les inscriptions à la peinture n'avaient pas résisté aux intempéries. Si bien que le 25 septembre 1882, le Conseil d'arrondissement de Vesoul demandait qu « le service vicinal fasse placer un plus grand nombre de poteaux indicateurs sur les chemins vicinaux ou tout au moins qu'il fasse entretenir en bon état les indications qui y sont inscrites... »

    En 1883, le préfet déclencha un recensement général de la signalisation existante par canton et par catégorie de chemin. L'agent voyer en chef dans son rapport final proposait d'améliorer considérablement la signalisation existante en ajoutant 752 poteaux aux 609 déjà en place et 600 plaques indicatrices en plus des 192 existantes. Pour la nouvelle signalisation, il suggère d'utiliser le métal au lieu du bois.

Trois entreprises spécialisées sont mises en concurrence : BOUILLANT à Paris, GIRARD-COL à Clermont-Ferrand et RICOT-PATRET à Varigney.

    L'appel d'offres portait sur 122 poteaux à une aile, 130 poteaux à 2 ailes, 246 plaques murales à installer le long des chemins de grande communication et 300 poteaux à une aile et 200 poteaux à deux ailes et 354 plaques murales à poser le long des chemins vicinaux ordinaires. « .Les poteaux fabriqués par la maison GIRARD-COL se composent d'un fût en fer à croix spéciale supportant une ou deux plaques en zinc de forte épaisseur dans lequel les inscriptions sont gravée en creux. Ces plaques ont un fond bleu mat et les inscriptions sont en blanc ».

Quant à la proposition de la maison BOUILLANT, elle consiste en « un fût en fonte plus ou moins ornementé, les ailes sont formées de plaques avec inscriptions en relief. Les plaques murales sont également en fonte avec lettres en relief... »

Chez PATRET-RICOT, on propose un produit identique à celui de BOUILLANT sauf que « l'angle formé par les ailes des poteaux peut varier à volonté, ce qui permet au premier cantonnier venu de placer ces ailes suivant la direction des chemins »

L'appel d'offres donne les résultats suivants : PATRET-RICOT  :43 000 F, BOUILLANT  : 47 000 F , GIRAD-COL : 47 500 F.

Albert RICOT ( 1826-1902) avait aussi pour lui d'être Conseiller général du canton de Vauvillers et d'être déjà fournisseur des poteaux indicateurs pour le département des Vosges. C'est donc logiquement que l'entreprise de Varigney fut retenue.

En mai 1888, l'agent voyer en chef rend compte que les derniers poteaux indicateurs viennent d'être mis en place.

On peut regretter que ces plaques, souvenirs de l’œuvre de nos concitoyens de l'époque aient pratiquement toutes disparu. Il en reste une à Conflans....

 

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On peut trouver aussi de nombreuses plaques routières fabriquées à Varigney pour les départements de Haute Saone , bien sûr mais auusi  pour les Vosges, la Côte d-Or sur le site plaquedecocher.fr

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