VARIGNEY

création : 23/11/2015

dernière mise à jour : 19/10/2018

 

                                               V A R I G N E Y

 

 

    Le nom de VARIGNEY viendrait de l'ancien français d'origine germanique «warennier» (garennier): lieu où la chasse et la pêche était réservées au seigneur.

    Une autre origine possible:"variniacum"( Revue de philologie française 1899) «varennes» : terre de faible valeur près des cours d'eau généralement utilisées comme pâturage ( racine prélatine «war»= eau) avec la finale «ey» issue du suffixe latin «iacum» signifiant domaine .

Le nom a évolué au cours des siècles et on trouve différentes formes dans les écrits :

1150 : GRANGIA DE VARENNERUS

1155 : GRANGIA DE VARENNEROS

1157 : VAREGNEY

1212 :WAREIGNIES

1215 : VAREINNES

1243 : VAREGNES

1678 : GRANGE NOBLE DE VARIGNEY

1708 : GRANGE DE VARIGNEY

 

    A l'origine, Varigney faisait partie du Comté de Bourgogne, nom historique de la Franche Comté puis il a été contesté en surséance entre les Comtes puis Ducs de Bar et les Comtes de Bourgogne.

Les actes relatifs à Varigney se passaient sous le double sceau de Bar et de Bourgogne et les parties se soumettaient aux juridictions du Barrois et de la Comté.

    Varigney et en particulier le moulin firent l'objet de longs démêlés entre Nicolas de Cicon , alors seigneur de Conflans et l'Abbaye de Clairefontaine. Il prétendait que le moulin faisait partie de la Prévôté de Conflans et s'était emparé des dîmes de Dampierre et des revenus en graines de la Grange d'Haircourt appartenant à l'abbaye. . L'Abbé Bardot de Clairefontaine obtient par un titre de février 1526 du tabellion de Nicolas de Cicon la fin de cette mainmise et le retour des dîmes et des revenus en graines à Clairefontaine.

    Un autre litige apposa longtemps le Duché de Bar à l'Abbaye de Clairefontaine ;Après un jugement du Bailliage d'Amont ( dont a fait partie la Haute Saône) du 5 mai 1562, après un long procès et une ordonnance de Charles III le Grand, Duc de Bar du 12 Avril 1573, il fut décidé que Varigney faisait partie du Comté de Bourgogne.

L'Abbé de Clairefontaine, propriétaire de la Grange de Varigney avait prouvé ses dires en montrant des actes de donation de 1132.Les officiers de Conflans n'avaient donc plus le droit de prélever aucun impôt ni droit.

Cette décision fut rappelée à plusieurs reprises en 1573 et en 1678.

. « Il nous plaise faire deffenses aux officiers et communautés de Conflans et Dampierre et tous autres des paÿs de Lorraine et Barrois de plus a l'avenir comprendre ladite grange aulcunes impositions et logements de gens de guerre et ordonne que les dites communautés seront assignée par devant nous pour estre condamnées a restitude les sommes qu'elles ont indehument exigées... »( ordonnance du 14 may 1678 signifiée au lieutenant de Conflans et au maire de Dampierre )

 

     Depuis le début du XII° siècle, Varigney avait pour seigneur l'Abbé de Clairefontaine qui y avait établi une «grange» en exploitation directe : la règle cistercienne voulait que les moines cultivent eux-mêmes leurs terres.

«Les moines de notre ordre doivent tirer leur subsistance de la culture de la terre et l'élevage des troupeaux... Aussi nous est-il permis de posséder pour notre propre usage des eaux, des forêts, des vignes, des prés, des terres... et les conserver. Nous pouvons avoir des granges que garderont les convers. Le principe de notre ordre exclut la possession des dîmes du travail et de l'élevage, des domaines des vilains, des cens de terres, des revenus des fours et moulins... contraires à la pureté monastique...»

Belles résolutions.... qui seront délaissées à partir du XIII° siècle et ce sera un « grangier » qui exploitera alors les terres ou le moulin pour le compte de l'abbaye.

 

LES GRANGES

    La «grange» est la cellule de base qui pourvoit aux besoins de l'abbaye et de l'hospitalité.A l'origine, le travail des champs est effectué par les convers aidés par les moines en cas de besoin.

La grange comporte en général des installations permettant la vie communautaire: chapelle, réfectoire, dortoir, chauffoir. Les bâtiments agricoles sont en annexe.

La grange est sous la dépendance directe du monastère. Elle ne doit pas en être éloignée de plus d'une journée de marche pour permettre aux convers de venir à l'office dominical à l'abbaye. La célébration de la messe est interdite dans la chapelle et les enterrements se font à Clairefontaine. Pour éviter toutes relations et toutes causes de querelles, les granges sont distantes d'une lieue ( environ 5 km ) les unes des autres

Le cellerier, chargé de l'administration financière de l'abbaye est aussi responsable des granges. Il y nomme un «maître» choisi parmi les convers. Ceux ci représentent environ les 2/3 de la population de l'abbaye.

 

    Les débuts historiques de Varigney sont étroitement liés à l'Abbaye de Clairefontaine ( voir l'article sur cette abbaye) grâce à de nombreuses donations et confirmations à partir du milieu du XII° siècle.

    A l'origine, un moulin ainsi qu'une écluse sont installés à Varigney en raison de la position du lieu, au confluent du Planey et de la Semouse. Le moulin était situé un peu en retrait du confluent et fonctionnait grâce à un petit canal dont le débit était réglé par l'écluse. Les textes semblent montrer que cette installation fonctionnait avant l'arrivée des moines puisqu'il y eu donation d'une partie du moulin depuis 1150, mais je n'ai trouvé, à ce jour, aucune mention antérieure qui en précisait l'origine et le fondateur.

La fondation de Clairefontaine par le Bienheureux Lambert venu de l'Abbaye cistercienne de Morimond date de 1131-1132.

    Il semble bien que Varigney ait fait partie des donations primitives à la fondation l'Abbaye avec la Grange de «Champonnet»(route de Bassigney) et la «Grange Rouge» ( Polaincourt).

On retrouve au XII° et XIII° siècle de nombreuses citations de Varigney concernant des donations et confirmations de terres, d'installations, de droits, de procès....

- 1132 : Varigney est cité à cette date dans le procès cité précédemment concernant des donations.

- 1150 : Foulques, seigneur de Dampierre, Calo et Dreux de Dampierre, ses neveux, font don d'un quart du moulin de Varigney.

- 1151 : Bulle de confirmation du pape Eugène III

- 1155 : Donation de Lambert «sacerdos de Epinant» ( lieu inconnu) d'un pré à Varigney

- 1155 : Calo de Dampierre fait donation d'une partie du moulin de Varigney

- 1157 : Confirmation d'un don par Calo de Dampierre

- 1157 : Confirmation par Humbert de Scey, Archevêque de Besançon

- 1157 : Guy de Dampierre et Odon son frère cèdent l'écluse de Varigney

- 1157 : Donation de Thiébaut de Fols (ou Fois) (personnage non identifié) de bien sur Dampierre et Varigney

- 1178 : Charte de Roger de Vico Pisano, Archevêque de Lausanne, légat du Pape Alexandre III

- 1179 : Bulle de conservation du Pape Alexandre III

- 1242 : Thiébaut de Jonvelle renouvelle le don du moulin et y ajoute les droits de justice qui y étaient attachés.

- 1243: Renaud de Dampierre cesse une querelle avec Clairefontaine à propos de Varigney.

 

LA GRANGE , UNITE ECONOMIQUE

 

    L'économie des granges était essentiellement agricole et pastorale mais elle peut être aussi « industrielle » comme on le verra plus loin avec le moulin et la métallurgie. On devait conserver un équilibre nécessaire entre la partie cultivée ( finage) et la partie inculte ( jachères, friches et forêts). L'agriculture et l'élevage devaient pourvoir à l'autosuffisance de l'Abbaye.

L'AGRICULTURE

    Les cultures sont essentiellement nourricières : le « bled », ce terme recouvre toutes les céréales, blé et seigle pour le pain, l'avoine pour les chevaux et les animaux domestiques, l'orge, le millet …, les légumes : fèves, choux, navets , ers (sorte de lentilles).

La jachère consistait à partager le finage en 3 années :

1° année : les céréales

2° année : les légumes

3° année : repos

Ce rythme imposé était nécessaire pour le repos des sols en raison des faibles apports en fumier dus à la modicité des troupeaux et du mode d'élevage essentiellement en plein air.

L'ELEVAGE

    Chaque grange possédait plusieurs paires de bœufs pour la traction des chariots et charrues et des chevaux à partir du XIII° siècle. On élevait aussi des vaches pour le lait, des moutons pour la laine.L'essentiel du troupeau était constitué de porcs pour la nourriture. Les textes laissent penser que chaque grange pouvait élever au moins une centaine de porcs. On pratiquait la «vaine pâture» ( pâturage après les récoltes). Les troupeaux, porcs compris, paissaient sur les jachères, dans les friches et dans les forêts. Les parcs clôturés n'existaient pas.

LA FORET

    La forêt est très importante dans l'économie médiévale. Elle fournissait le «bois à construction» dont l'abbaye a besoin et le «mort bois» pour le chauffage mais aussi des fougères pour les toitures, les écorces pour les cordes et le tannage, le charbon de bois pour les fourneaux à métaux, les merrains pour les tonneaux, les échalas des vignes etc...Mais c'est aussi un lieu de pâturage pour les animaux ( bovins et porcs).Les droits de glandées étaient très recherchés et faisaient l'objet de nombreuse donations et .. contestations …

LA PECHE

    La pêche était importante pour l'Abbaye. Le poisson était la nourriture des nombreux jours de jeûne et d'abstinence. La règle cistercienne, contrairement à d'autres ordres, autorisait la consommation de poissons pendant ces nombreuses périodes. Toutes le granges situées à proximité des rivières ont bénéficié des droits de pêche donnés comme droits d'usage « in aquis ». Des droits de pêche sont cédés à Varigney en 1155 par Thierry de Fols. En 1210, Guy de Jonvelle cède le droit de pêche en même temps que sa part du moulin de Varigney. Dès 1148, les pêcheries de Conflans appartiennent à l'Abbaye de Cherlieu.

Les cisterciens furent les créateurs de nombreux étangs. Sans doute de celui de Dampierre par les moines de Cairrefontaine. On y pratiquait beaucoup «la pêche dormante»avec des nasses appelées «varvoux», longs paniers en osier dont l'orifice était garni de pointes orientées vers l'intérieur, le poisson entre mais ne peut pas ressortir. Ce mode de pêche était pratiqué particulièrement dans les canaux de dérivation du moulin de Varigney

LA VITICULTURE

    Chaque grange possédait quelques arpents de vignes.Lors de l'arpentement de 1708( voir l'article sur ce sujet)), les vignes ont déjà disparu " au midi, il y un renvers partie en friche appelé les 'Vieilles vignes', à raison qu'il y en avait ...", Depuis, on n'a plus de trace de vignes dans le finage de Varigney, elles devaient se situer à Dampierre.

L'APICULTURE

    Dès le XII° siècle , les granges pratiquent l'apiculture. Thierry de Vellefaux cède des ruches en même temps que des droits d'usage.

Il est difficile de donner l'importance de la Grange de Varigey aux XII° et XIII° siècles , les chartes de donation ne comportant pas de surface. Un « plan et arpentement » de 1708 donne une superficie de 542 arpents soit environ 233 ha.

 

LE MOULIN

    Au début du XII° siècle, les mentions de moulins sont rares. Varigney est sans doute le premier moulin possédé par l'Abbaye de Clairefontaine.

    De 1150 à 1242, on trouve de nombreuses donations ou confirmation de donations concernant le moulin et l'écluse. Ces différents textes confirment que cette installation existait et était possédé par les seigneurs locaux (dont ceux de Dampierre).

Le moulin qui utilisait l'eau du Planey comme force motrice était installé à proximité de la grange pour permettre le traitement du blé sur place mais il pouvait aussi avoir d'autres activités ( moulin à huile, foulon à chanvre, pilon pour le broyage des minerais, battoir pour le travail du métal... ). Certains assuraient plusieurs fonctions selon les saisons, ce qui pouvait être le cas de celui de Varigney.

    Je n'ai pas trouvé de trace écrite concernant une activité métallurgique avant le XVI° siècle ce qui n'exclut que le travail du fer fasse partie de son activité avant cette époque

L'Abbaye de Luxeuil possédait un moulin à Conflans (1148) et à Briaucourt (1268)

 

LA METALLURGIE

 

    Au XVI° siècle, à une date indéterminée, l'Abbaye de Clairefontaine érige un haut fourneau qu'elle faisait valoir elle-même. Il est amodié par l'Abbé en 1610.

Un plan du XVI° siècle fait apparaître la grange, le finage, le moulin et le fourneau.

 

En 1678, le fourneau n'existe plus sans doute détruit ou abandonné lors de guerre de « Dix ans » en 1635/1636 en même temps que Dampierre, Conflans et la moitié des villages du bailliage de'Amont .Un marché est conclu entre le Prieur de Clairefontaine et le Sieur Noirpoudre, maître de forge au « Buchot » pour construire un haut fourneau, mais ce marché ne sera jamais exécuté.

 

    Il semble que les moines et les cisterciens en particulier se soient spécialisés dans la création de hauts fourneaux et de forges dans la future Haute Saône. On relève l'autorisation de Wury(Gury) de Gouhenans aux moines de Bithaine pour élever une forge. Etienne d'Oiselay donne à l'Abbaye de la Charité le moulin de Fresne St Mamès pou bâtir la forge de Greucourt. En 1265, l'Abbaye de Bellevaux reçoit l'autorisation d'exploiter les mines de fer dans toute l'étendue des terres de Cendrey. Le haut fourneau de la Romaine est érigé en 1310 par l'Abbaye de la Charité...

    Les cisterciens devaient avoir pris connaissance dans des ouvrages anciens qu'ils détenaient des techniques métallurgiques qui leur permettaient de mettre en valeur des territoires dont on leur avait fait donation ainsi que les bois provenant de défrichements. Les créations se poursuivent tout au long des siècles suivants : Varigney à une date indéterminée au début du XVI° siècle, Pont de Planches, les Bâties en 1536, Bougnon en 1539, Baignes en 1557, Vy le Ferroux en 1540, Echalongue en 1544, etc...

Le haut fourneau apparaît dans le Baillage d'Amont au début du XIV° siècle. Il constitue une révolution technique. Le haut fourneau primitif datant de l'époque gauloise, parfois ambulant, fabriquait directement le fer.Le haut fourneau transforme le minerai en fer puis en fonte. Il a rendu possible une augmentation et une diversification de la production.

Les guerres des XVI° et XVII° siècles provoquent de de nombreuses destructions et arrêts de production . En 1678, le fourneau de Varigney n'existe plus. Celui de Pont du Bois « ne roule plus à cause des guerres », celui de St Loup est ruiné en 1686 « l'endroit a plus souffert qu'aucun autre lieu à cause de sa situation à l'extrémité de la province du côté de la lorraine... »

                   

Louis XIV, nouveau maître de la Franche Comté après la conquête et le traité de Nimègue en 1678, voulut rétablir la prospérité des forges comtoises. Il en favorise la restauration pour « faire travailler aux bombes et boulets d'artillerie, des cuirasses, des ancres et des outils pour les armées... »

Il semble que rien ne se passe à Varigney puisqu'en 1708, « un plan et arpentement de la Grange de Varigney » montre une superficie de 542 arpents ( soit environ 233 ha) et seulement 2 bâtiments , la grange et le moulin mais plus question de fourneau...

 

 

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Le 23 Décembre 1719, l'Abbé de Cairefontaine loue la grange à Jean Baptiste Perreur d'Epinal pour « établir un fourneau à fonte». La durée du bail est fixée à 29 ans. A la fin de ce bail, le fourneau reviendrait au monastère. Le fourneau resta allumé jusqu'en 1863.

En 1728, le fourneau de Varigney est en exploitation. L'eau du Planey qui ne gèle pas et ne tarit pas est un atout. Par contre l'insuffisance des ressources naturelles en minerais de fer et en bois sont un frein à son développement.

Varigney va chercher du minerai dans la région de Vesoul ( Calmoutier et Montcey) «Cette usine ne vaut rien sans les mines et les bois du Comté» affirme , vers 1760, un proche du Duc de Lorges.

Un long procès qui dura de 1722 à 1743 se déroula entre l'Abbé et le seigneur de Polaincourt au sujet de la propriété de l'eau du Planey dont ils étaient riverains en prétextant que que l'eau n'appartenait pas à l'Abbaye mais au Duc de Bar et le locataire profite de ce procès pour ne pas respecter les clauses du contrat. La justice donna finalement raison aux religieux.

Un autre litige : Le 21 juin 1811 , un arrêté préfectoral statue sur une réclamation des communes d'Anjeux et Plainemont datant de 1807 à l'encontre des propriétaires des fourneaux de Varigney. Les digues du canal d'amenée des eaux du Planey à leur moulin étaient trop élevées et de ce fait génératrices de crues nuisibles aux prairies en amont.

  • La crête du sommet des digues devra être abaissée

  • Les vannes du barrage devront être levées à chaque crue, le tout à peine d'exécution de ces travaux aux frais des propriétaires des fourneaux.

                                                                 grange

Varigney plan 2

 

   carte du XVIII° siècle

Quelques indications : A : le fourneau neuf, B : logement des forgerons,  C : halles, D : logement des maîtres, G : le moulin,  K : l'écluse, la grange :: actuelle "Ferme d'en haut"

On remarque que l'actuelle route de Varigney à Dampierre n'existait pas encore. Le chemin passait par le bois de Varigney

 

La période révolutionnaire voit une quantité de transferts de propriétés. En 1789 sur 50 établissements métallurgiques, 10 seulement appartiennent aux maître de forges qui les exploitent. Beaucoup sont la propriété de religieux ( comme Varigney) ou de nobles émigrés et seront vendus comme « bien National »

Avant la révolution de 1789, Varigney formait une communauté indépendante de Dampierre . Ils faisaient partie de provinces différentes : Varigney en Franche Comté, Dampierre en Lorraine.

Mais comme la communauté faisait partie de la paroisse de Dampierre, le hameau a été rattaché à la Commune de Dampierre selon le critère retenu en 1790 de créer une commune en lieu et place des paroisses.

Cette double appartenance explique le non droit à l'affouage des habitants de Varigney

malgré de nombreux procès intentés contre la Commune de Dampierre et perdu chaque fois ( il aurait fallu que Varigney demande l'affouage à Plainemont ..., ce qui n'était pas réalisable...). Il faut dire aussi que les dampierrois n'étaient guère favorables à l'octroi de l'affouage à Varigney car beaucoup étaient persuadés que le bois de Varigney avait été donné par la commune en compensation et qu'ils devaient donc trouver leur affouage dans ce bois . Or c'était totalement faux puisque le «bois du Dafoy» a toujours fait partie du finage de Varigney, il figurait déjà sur les plans du XVI° et XVII° siècle.

Le problème est seulement réglé en 1985 par une décision du conseil municipal présidé par Denis Grangier qui accorde l'affouage aux habitants du hameau.

En 1789, le haut fourneau de Varigney était en pleine activité et Varigney figurait parmi les plus importants centes d'exploitation du minerai de fer

 

                           Varigney ht fourn 2                                                    Varigney ht fourn

           Le haut fourneau en 1843 (Paul Marsaut)                                                       

                                                                                                                                        coupe du haut fourneau de Varigney avant 1789 ( Paul Marsaut)

                  

   En 1790, on produisait 300 t de fonte par an et on occupait 250 ouvriers.Un tiers de cette fonte est convertie en moulages, le reste est coulé en gueuses. La production est vendue essentiellement en Haute Saône, dans les Vosges et en Meurthe et Moselle

Le Baillage d'Amont qui devait, pour une très grande partie, devenir la Haute Saône en 1790 était particulièrement riche de ces fourneaux à tel point que les voisins du Doubs s'estimaient lésés lors du découpage de la Franche Comté en départements, ils estiment que la Haute Saône était trop riche en industries.

L'oxyde de fer obtenu en lavant les terres ferrugineuses locales dans un « patouillet » était réduit avec du charbon de bois dans le haut fourneau. Il fallait ensuite battre le fer obtenu pour en éliminer les bulles d'air avec un «martinet» actionné grâce à l'énergie hydraulique ou le refondre pour obtenir de la fonte.

Ces industries utilisaient l'eau pour la force motrice, le lavage et surtout de grandes quantités de bois. De nombreuses plaintes de communautés paysannes seront notées à ce sujet dans les cahiers de doléances de 1789 dans lesquels on se plaignait de ne plus avoir assez de bois pour le chauffage et , parfois, on demandait la fermeture des usines...

     En 1835, d'après le "Dictionnaire des Communes" édité à cette date, le fourneau de Varigney comprend "1 patouillet, 1 haut fourneau, 1 bocard, à crasses, 1 fourneau à la Wilkinson, 1 atelier de moulage" 

Une roue de moulin très perfectionnée qui par un jeu de cames et de leviers actionnait les pistons à eau et à air d'une soufflerie très moderne pour l'époque et un bocard broyait les crasses afin qu'elles s'en aillent emportées par le courant. En dérivation, un patouillet brassait le minerai brut dont les grains et boules contenant du fer étaient recueillis dans un bassin aménagé à cet effet.

Le haut fourneau a fonctionné jusqu'en 1863.

 

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A droite le haut-fourneau et le bâtiment de la fonderie, au fond les logements des ouvriers. En arrière plan la ferme "d'En haut" et la gare

Fourneaux et fonderies de Haute-Saône( Joël Rieser-Jean Bauquerey) Tome 2 - 2006

Varigney chapel                  Img071

la chapelle et le portail d'entrée                      Les"mouleurs' avec leurs poches de coulée et les tasseurs de sable

                                                                                                        

      Varigney chapelle         

plaque de la Direction Régionale des monuments historiques en  liaison avec la                       Communauté de Communes des Belles Sources

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